‹ OEuvres complètes (volume 3)Chapitre 246 sur 400 · ACTE III, SCENE XIII · texte numérisé non relu

ACTE III, SCENE XIII

LA PRINCESSE

Que VOUS êtes envoyé vers lu nouvelle reine.

s ALVA DOR.

Pour la complimenter : je me flatte d'en avoir aussi prévenu votre altesse.

LF. DUC.

Ainsi votre grand secret nous est appris par le roi lui-même.

LA PRINCESSE

Je crois bien que ce n'est pas à un sim^jle compliment que se borne la mission de monsieur ; mais comme il serait indiscret à moi de chercher à pénétrer plus avant, je me contenterai de faire connaître à l'envoyé de France dans quels termes sa majesté daigne m'écrire. Ce sera un petit épisode à ses dépêches , qui certes réjouira beaucoup le duc d'Orléans.

LA MARQUISE

Oh ! oui ! une lecture de la lettre du roi.

ÉLÉONORE, à la comtesse.

Comment , est-ce qu'un roi écrit lui-même.

LA COMTESSE

Toujours, à ses intimes amis.

LA PRINCESSE, en souriant.

N'êtes-vous donc pas jaloux d'entendre cette lettre?

DESTOUCHES

Je prendrai part à la satisfaction quelle vous fait éprouver. ( A part. ) Pauvre femme !

LA PRINCESSE, lit.

« Je viens d'arriver à Guadalajara , ma chère Anne « Marie, bien fatigué et bien impatient.

LE DUC

Quelle aimable familiarité !

LA MARQUISE

Comme ce début est simple !

LA COMTESSE

Ma chère Anne Marie ! Quel style ! c'est charmant !

LA PRINCESSE

« C'est là que j'attendrai la reine et vous. 11 me sera « bien doux de tenir une seconde fois de votre main « cette jeune princesse.

LA MARQUISE

Quelle délicatesse!

LE DUC

Oh! il n'y a que le roi qui puisse mettre cette noblesse de sentiments

L A COMTESSE

Oh! c'est, sans contredit, l'homme qui a le plus d'esprit de son royaume.

LA PRINCESSE

a Vous serez bien surprise , sans doute , de trouver a à Quadraquez un envoyé de France. Il n'y vient que « pour complimenter la reine. Que sa présence ne vous « effraie pas. Si vous connaissez les intentions de la « cour de France , vous connaissez aussi mon cœur et a la sincérité de l'amitié que je vous ai vouée pour « la vie. »

Oh! oui! pour la vie. Conmient Philippe pourrait-il vivre loin d'une fenune dont la grâce et la beauté....

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