SCENE XIII
EELAMI.
Comme il regarde la marquise !
ROSETTE
Tant mieux! tant mieux! cela s'arrangera bien.
VERS AC
Vous parliez tout à l'heure de musique, madame. Je l'aime, mais je préfère à toutes vos roulades ultramontaines, la chanson française. C'est là qu'on trouve unis la grâce à l'esprit, l'amour à la gaîté, et l'épigramme à la philosophie.
LA MARQUISE
Rosette, chante-nous quelque chose. Je voudrais le distraire. (^Apart.) Si la tête froide de notre philosophe venait à s'échauffer....
ROSETTE
Ah! le lutin! comme il boit! C'est l'instant de lui chanter le pouvoir de l'xlmour.
V E R s A C , un peu gai.
Allons, je commence à m'habituer à ma prison. Du bon vin, des chansons, la présence d'un femme aimable, que faut-il de plus pour descendre gaîment le fleuve de la vie ?
ROSETTE
Premier couplet.
C'est en vain que vieillesse gronde
Jeunesse qui brave l'amour:
L'amour est le maître du monde,
Et chacun l'apprend à son tour. ^Bis.}
A faire choix de douce amie
^Bis.)
•46 i;OFFICIER ENLEVÉ.
Ce malin dieu vous contraindra:
Que l'on résiste, il en rira. (Bis.)
Ah ! puisqu'il faut , dans cette vie ,
Succomber à sa perlidie,
Cédons au mal qu'il nous fera. (Bis.J
BELA MI
Second couplet.
Guerriers favoris de la gloire Redoutez de parer ses coups, Le bruit des combats, la victoire, L'animent encor contre vous:
Pour provoquer votre furie, Sur vos lauriers il campera; Si vous jurez il en rira.
Ah! puisqu'il faut dans cette vie, etc. ROSETTE.
Troisième couplet.
Vous, partisans de la sagesse.
Froids écoliers, graves docteurs.
Des traits dont le méchant nous blesse
Vous ne défendrez pas \o% cœurs. (Bis.)
Malgré votre philosophie.
Doucement il vous atteindra:
Vous gémirez, il en rira.
Ah! puisqu'il faut dans cette vie, etc.
VE R S A C , sortant de table d'un air animé.
C'est charmant ! Que l'on emporte la table et qu'on se retire.
LA MARQUISE
Quoi! monsieur, vous congédiez mes gens?