SCÈNE XII
La comtesse , Ea MARQUISE , Le DUC , DESTOUCHES.
LE DUC
Vous sortez donc de voir la reine ?
DESTOUCHES
Je la quitte à l'instant.
L A M A R QUI SE
(3n dit qu'elle est charmante?
4o/, TA PRINCESSE DES URSINS.
DESTOUCHES, maligaeraeiit.
Oh ! beaucoup moins belle que la princesse.
LA. MARQUISE
Je n'établis point de comparaison. Est-il vrai que la reine ne veut pas recevoir madame des Ursins? je ne puis pas le croire. #>
D ESTOU CIIES.
Elle ne m'a pas fait part de ses intentions.
Cependant, puisque vous êtes envoyé par la cour de France, vous devez savoir ce qui se passe.
DESTOUCHES, riant.
Mais ce n'est pas là , je crois , une raison pour vous le dire.
LE DUC
Que vous êtes bonnes , mesdames , de supposer qu'il vous apprendra quelque chose ! Passe encore si vous îui présentiez une note.
LA MARQUISE
11 est vrai que ces graves messieurs ne disent jamais ni oui , ni non.
LE DUC
Et c'est ce qu'en diplomatie on appelle bien répondre. Mais, au reste, ce que vous voulez savoir pour vous décider est tout connu ; la princesse est en disgrâce.
DESTOUCHES
Les apparences sont quelquefois bien trompeuses. Prenez- V garde , monsieur le duc.
ACTli IV, SCÈNE X;i V. 4^3
LE DUC
Dans les cas difficiles, il faut savoir prciulrc un parti ; fit puisque j'ai le malheur d'être brouillé avec la princesse, je m'en vais renouveler connaissance avec
le cher Albéroni.
(H son.;