ACTE V, SCENE IV
LA MARQUISE, au duc.
De sorte que vous êtes très-bien avec Albéroni?
LE DUC
On ne peut être mieux. Ce n'est que mon mariage avec cette enfant qui 1 avait indisposé contre moi.
LA COMTESSE
Est-ce qu'il serait rompu?
LE DUC
Mais, d'où venez-vous donc? c'est connu de tout le monde. Bien avant sa disgrâce , j'étais brouillé à la mort avec la princesse. Vous savez comme elle est exigeante.
LA MARQUISE
Non , ce n'est pas de l'exigeance ; mais elle a eu tellement l'habitude d'être flattée.
LA COMTESSE
On dit qu'elle a bien des torts envers la reine. Au moment où son mariage allait se faire, la princesse a voulu l'empêcher,
Oui , vous nous avez parlé du courrier qu'elle avait envoyé.
Oh ! elle s'est tout-à-fait compromise dans cette affaire.
LA COMTESSE
11 n'y a qu'une voix, elle a eu le plus grand tort.
LA MARQUISE
Dans les choses importantes , il ne faut jamais jouer avec les tètes couronnées.
f\ii LA PRINCESSE DES URSINS.
LA COMTESSE
Ce qu'il y a de pis , c'est que cela ressemble à de l'intrigue.
LE DUC
Ce n'est pas la première fois qu'on lui en fait reproche.
LA MARQUISE
Ah! vous avez beau dire, tous ses torts ne m'empêchent pas de prendre part à ses chagrins.
LE DUC
Parce que vous avez un cœur extrêmement tendre; et c'est bien ce que j'ai dit au ministre qui me parlait de vous, et du malheur de la princesse :« Monseigneur, je connais la marquise, elle ne l'abandonnera jamais.»
LA MARQUISE, en colère.
Mais de quoi vous mêlez-vous de me faire parler. En vérité, monsieur le duc, vous êtes un homme bien ridicule.