DI R \ND
C'est pis! c'est de la peine.
Depuis près de vingt ans j'habite la maison ; Des jeunes chevaliers j'étais le compagnon; Ils m'aimaient tous beaucoup, je les aimais de même.
LE DU c.
( )ii donc est le malheur ? tout le monde vous aime.
DURAND
Irriter un bon père est un bien grand malheur,
y en éprouve pour eux la plus vive douleur.
Le comte m'a parlé de certaine requête
Qui prouve clairement qu'il a perdu la tête....
Il en rit comme un fou. Ceux qui ne riront pas
Ce sont ses cliers enfants qu'il nomme des ingrats.
LA MARQUISE
Et que leijr féra-t-il?
DURAND
Quoi! ce qud peut leur faire?
Et sa fortune donc?
LA MARQUISE
Il n'a que cette terre Dont il détiuit le sol pour le rendre meilleur.
DURAND
Dites que ses travaux ont triplé sa valeur.
LE BARON
Cela ne se peut pas : quand , dans ces entreprises Un gentilhomme agit, il y fait des sottises: Cliacim a son génie; et c'est au roturier Qu'il appartient toujours de faire un tel métier.
Le baron a raison, à la gastronomie 11 se livre en expert ; et c'est là son génie.
DURAND
Votre famille a vu mon maître rarement ; Et personne de vous ne le connaît vraiment. L'homme que vous jugez sur la seule apparence, Et , d'après son habit , de très-peu d'importance , Cache sous les dehors de la simplicité L'esprit et les talents, l'honneur, l'humanité : Géomètre parfait, mécanicien habile.
Il n'imagine rien qui ne doive être utile; Il est considéré de nos premiers savants ; Et , sachant avec art user de leurs talents , Il en fait de richesse une source commune , Et pour faire le bien décuple sa fortune.
LE BARON
Il est riche à ce point?
DURAND
Il est plus qu'opulent.
LE BARON
Ah! si nous avions su....