‹ OEuvres complètes (volume 3)Chapitre 390 sur 400 · ACTE V, SCENE X. Go · texte numérisé non relu

ACTE V, SCENE X. Go

Venant insolemment m'accuser de tlémence!... Ingrats! Avez-vous pu concevoir un instant Qu'un père devant vous allait être tremblant ! \lt m'avez-vous pu croire, enfin, assez stupidc Pour ne pas déjouer votre espérance avide? Si j'ai feint devant vous de céder à vos vœux. C'était afin, méchants, de vous en punir mieux. Quand nir-me le succès eût suivi votre injure, Croyez-vous que j'aurais succombé sans murmure ! Non, j'aurais eu pour moi d'éloquents défenseurs, I^eur plume aurait flétri mes calomniateurs : Dans l'armée , au conseil , à la cour , à la ville , J'aurais eu des appuis, j'en aurais trouvé mille : Du pouvoir paternel tout homme revêtu N'aurait pu voir un père à vos pieds abattu. Oui, la nation même eût dicté la sentence. Et son mépris pour vous eût été sa vengeance ; Je serai moins clément; je connais mon devoir: Sortez , délivrez-moi de l'horreur de vous voir î

(Les parents font an mouvement pour sortir. ) M AT) AME D O R M O N , aux parents.

Ne sortez pas. Monsieur, écoutez-moi, de grâce! Du plus juste courroux suspendez la menace. Est-ce donc au moment où vous^omblez mes vœux, Où par votre bonté je vois mon fils heureux. Que vous ne craignez pas d'empoisonner ma joie? Ah! que votre clémence envers eux se déploie! Maintenant que par vous mon sort est reconnu, Que je reprends un nom par les lois obtenu,

GoG LE COMPLOT DE FAMILLE.

Que chacun de vos fils est devenu mon frère. Leur sœur doit devenir leur appui tutélaire; Et vous accorderez à leur soumission Un regard paternel et l'espoir d'un pardon.

li E COMTE, avec un courroux mêlé d'attendrissement.

Un regard paternel! Le pourrai-je, madame? Et ne suis-je donc pas un fou pour cette femme?

LE DUC, en suppliant.

Mon oncle!

EDOUARD

Mon ami!

LE COMTE

Ce cruel souvenir....

MADAME DORMON.

Qui demande un pardon connaît le repentir.

LE COMTE, d'un ton imposant.

Vous avez justement provoqué ma colère; Vous avez outragé la majesté d'un père :

( Il les regarde avec la plus noble dignité.

Devant elle courbez vos fronts humiliés !

MADAME DORMON.

Ils vont lui rendre hommage en tombant à vos pieds.

r Madame Dormon se jette à genoux, et tous l'imitent. )

Vous voyez vos enfants!

LE COMTE

Relevez-vous, ma fille;

( En faisant signe aux autres de se relever. )

Je pourrai pardonner un jour à ma famille.

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