‹ OEuvres complètes (volume 3)Chapitre 57 sur 400 · SCENE V · texte numérisé non relu

SCENE V

son, ni mes chevaux, je m'y mettrai moi-même; et j'espère que toutes les dames qui sont ici, et qui n'ont point <le mari , me feront l'honneur de prendre un hillet.

4^ JULIK.

Qu'ont-elles répondu?

EUGÈNE

Elles se sont mises à rire ; et hrodant sur ma ridilule proposition, les unes prétendaient que je n'en placerais pas un ; d'autres assuraient que le billet gagnant ne serait pas le bon billet. Et quand il a fallu en fixer le prix : ah ! si vous eussiez entendu la discussion : chacune de ces dames m'estimait tout-à-fait au-dessous de ma valeur. On mettait en avant mes défauts; moi, je citais mes bonnes qualités; enfin , après avoir bien marchandé, pesé le pour et le contre, on a décidé que , pour Tintérôt de mes créanciers , je pourrais établir ma loterie à mille francs le billet.

DOLBAN.

Ah ! mon dieu ; mais c'est immense !

MARIE

Je crains bien, mon cher Eugène, que vous n'en trouviez pas le débit.

Pourquoi donc ? Il y a tant de folles dans Paris qui aiment les jolis garçons.

JULIE

Mais il y a aussi tant de jolis garçons qui courent après les folles.

EUGÈNE

Ah! vous avez beau dire; si je ne trouve pas à me

placer, ma plaisanterie aura amusé mes amis , et quelques moments de gaîté dans le grand monde sont toujours un bon lot.

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