‹ OEuvres complètes (volume 3)Chapitre 85 sur 400 · JULIE, EUGÈNE · texte numérisé non relu

JULIE, EUGÈNE

(iJulie entre , tenant un mouchoir sur ses yeux.) EUGÈNE.

C'est Julie; mais il me semble quelle pleure. Qu'avez-vous , ma chère Julie ?

JULIE

A.h ! c'est vous , monsieur Eugène ! ma tante vient de me conter tout le bonheur qui vous arrive {^eri pleurante^ et j'en suis bien contente.

EUGÈNE

On ne le dirait guère. Mais qui cause donc vos larmes ?

JULIE

Je vous le répète encore, monsieur, c'est la joie de vous savoir heureux.

EUGÈNE

Heureux... c'est une autre affaire. Sous un certain point de vue, je le serais, puisque cet événement me donnerait l'avantage d'assurer à vous et à votre tante une petite fortune.

JULIE

Oui, monsieur, je sais que vous voulez me doter; mais comme je ne veux pas me marier, je vous prierai de garder votre argent.

EUGÈNE

Quoi ! l'offre que j'ai faite à votre tante pourrait vous offenser ?

JU LIE

Oui, monsieur; jamais je ne toucherai à ce qui pourra venir d'une femme qui achète un mari comme on achète un esclave.

EUGÈNE

Elle a raison.

JULIE

Elle veut, dit-on, vous emmener bien loin dans ses terres.

Ce sont là ses projets; reste à savoir si j'y consentirai.

JULIE

Vous n'aurez pas le droit de refuser, puisque vous lui appartiendrez. Pour son argent, il est de toute justice qu'elle fasse de vous ce qu'elle voudra.

EUGÈNE

Oh ! on ne fait pas de moi ce qu'oix veut.

JULIE

Pourrez-vous bien lui résister, quand vous serez seul dans les pays étrangers? Sans compter encore que cette femme, qui n'a pas voulu se montrer, est sans doute épouvantable.

EUGÈNE

Mais non ; sa taille m'a paru très-bien.

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