C A M IL LE
Le chevalier d'Arbois , pour qui /avais de l'estime , et (|ue je veux fuir maintenant.
EDMOND
Et ce misérable sénéchal?
• ZERBELIJN.
Vous conviendrez, seigneur Edmond, que je vous ai prévenu de tout ce qui vous arrive.
FLORESTINE
Nous n'en doutons pas.
ZERBELliN.
Je Vous ai dit que les amis disparaîtraient avec la fortune.
FLOR ESTITVE.
Vous avez l'esprit si juste, si pénétrant.
EDMOND
Devais-je m'attendre à leur insensibililé ! Les traîtres! ils m'ont arraché les plus douces illusions ; ils me forcent à ne plus croire à l'amitié. *
CAMILLE
Vous croirez au moins à l'amour. Ah! mon cher Edmond, si vous ne sentiez pas autant le chagrin de votre situation, vous me verriez me réjouir du fatal événement qui me permet de vous prouver combien vous m'êtes cher. Et quel est donc ce grand malheur ?
i66 L'ENFANT PRODIGUE.
votre fortune perdue? de l'argent? que ce vil métal me devient précieux en ce moment, puisqu'en vous le prodiguant.... Vous baissez les yeux. Seriez-vous assez cruel pour me refuser... Non, j'ai sur vous tous les droits de la sœur la plus chérie. Tout ce que je possède vous appartient: vous avez reçu mon cœur, pouvez-vous rejeter mes offres? Calmez -vous, ne songez plus à vos revers ; vous n'avez rien perdu puisqu'il vous reste votre amie.
EDMOND
Quelle est ma surprise, ma joie... Femme adorable! [^ Zerbeiin.) ^\i hier\\ Zerbelin, pensez-vous qu'il peut exister des cœurs nobles et sensibles?
F L O R E s T I N E , bas i Camille.
Vous entendez?
EDMOND
Combien je me réjouis d'avoir différé d'opinion. Un sentiment secret parlait plus à mon cœur que votre raison , votre esprit. Grâces au ciel , j'ai toujours cru à l'amitié , à la reconnaissance , aux vertus , et c'est dans l'ame d'une femme adorée que je les trou\e réunies.
ZEKBELIN.
Vous me v(5yez attendri, confus. Cependant , j'ose le dire, ne cédez pas aussi vite à votre enthousiasme.
F LO R ESTINE, à part.
JiCS bons conseils qu'il lui donne !
^ EDMOND, baisant la main de Camille.
Aimable et tendre amie !