‹ OEuvres complètes (volume 4)Chapitre 118 sur 362 · SCÈNE IL · texte numérisé non relu

SCÈNE IL

ZERBELIN, L'ARCHITECTE.

ZERBELIN.

Quoi ! pendant mon absence on prépare la fête ! mais, monsieur l'architecte, je vous avais dit pourtant qu'elle était remise... {A part^ à des temps plus heureux.

l'architecte.

Je n'en disconviens pas ; mais j'ai reçu des ordres contraires du seigneur Edmond.

ifo L'ENFANT PRODIGUE.

ZERBELIJV.

Des ordres contraires !

l' ARCHITECTE.

Aurais-je employé sans cela tous ces ouvriers ? En vérité , monsieur le troubadour , vous êtes un singulier homme: vous êtes l'ennemi des fêtes; et ce n'est pourtant que dans les fêtes que l'on se plaît à vous entendre. Que diable! laissez -moi faire mon état, et mêlezvous du votre. Heureusement que le seigneur Edmond entend mieux ses intérêts. Voilà au moins cinquante fois qu'il emploie mes petits talents; mais, sans vanité , aujourd'hui je nie suis surpassé.

ZERBELIN.

Vous vous êtes surpassé ! tant pis ! cela veut dire que votre fête coûtera trois fois plus cher au seigneur Edmond. Il est bien malheureux; messieurs, que vous ne puissiez acquérir de la réputation qu'aux dépens de la fortune de nos riches seigneurs. l'architecte.

Et que diable voulez-vous que nous fassions avec les gueux? Si je n'avais pas ruiné trois princes et cinq financiers, est-ce qu'il serait question de moi dans Paris? Mais je m'amuse là à causer, tandis que les jardins exigent ma présence. ( Il revient sur ses pas. ) A propos, est-ce toujours moi qui ferai entrer les jongleurs, les danseurs? C'est vous qui vous étiez chargé de cela.

Non, non, je ne me mêle de rien.

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