ACTE ly, SCENE X
connût mon bonheur et votre noble générosité!.... Épouser un homme dont la pauvreté....
LE SÉNÉCHAL
Eh bien! voyez pourtant ce que c'est que la médisance! on m'a dit, en secret, que votre ruine n'était qu'un jeu pour éprouver vos amis.
EDMOND
Quelle sottise ! Je voudrais bien que cela fût. ( A Camille. ) Oh ! ma tendre amie , qu'il me serait doux de pouvoir vous dire avec l'accent de la reconnaissance : Vous m'avez cru pauvre , et vous avez voulu partager mon sort; venez, venez , je suis riche, trèsriche, et je mets ma fortune à vos pieds.
LE SÉNÉCHAL, i Camille.
Quel beau caractère! Oh! il faut être juste, vous n'avez aucun reproche à lui faire.
EDMOND
Comment un reproche ?
CAMILLE
Non, je me plais à lui rendre cette justice ; l'intérêt ne peut dominer son ame. Mais s'il m'a éclairée sur sa fortune , m'a-t-il de même éclairé sur les secrets de son cœur ?
EDMOND
Que cela veut-il dire?
LE SÉNÉCHAL
Ah! je prévois une petite querelle damants, et, dans ce cas, un tiers est toujours de trop. Je rejoins donc la société ; et j'empêcherai qu'elle ne vienne troubler ce beau combat d'amour et de générosité.
( Il sort. )