‹ OEuvres complètes (volume 4)Chapitre 148 sur 362 · SCÈNE XX · texte numérisé non relu

SCÈNE XX

EDMOND, ZERBELIN.

ZERBELIN.

Un seul mot a suffi pour écarter tous nos convives. Mais cette lettre qu'on apporte à l'instant

EDMOND

Une lettre?

ZERBELIN.

Ah ! si quelque nouvelle heureuse !

E D M O N D , qui a lu bas.

Heureuse ! c'est la plus noire trahison ! l'enfer n'est pas plus odieux!

De qui donc ce billet?

EDMOND

Du plus lâche, du 'plus perfide des hommes, du comte de Viveau!... Ecoute, i^ll lit. ) « Je crois devoir (c vous engager , pour l'honneur de votre famille , à « quitter une ville dans laquelle vous n'avez plus pour (f perspective que la prison et la misère. Mais en fuyant «le séjour de vos folles prodigalités, ne songez pas à « revoir le toit paternel. Cet asyle vous est fermé pour « toujours ; la malédiction d'un père, le juste mépris de « la jeune Ermance vous y attendent. Je lui rapporte ce «beau collier qui fut le gage innocent de son premier «amour. Je l'ai retiré, à prix d'or, des mains d'une

u courtisane à qui vous Tavez sacrifié.... Jugez-vous, sir (( Edmond, et voyez le parti qu'il vous reste à prendre. « Le comte de Viveau. w

EDMOIN D.

Le parti qui me reste!... c'est la mort!

Z ERB ELI N.

C'est la vengeance! C'est ce traître seul qui vous arracha à votre père. Je découvre tout ce mystère d'iniquité.

EDMOND

Aux y eus. des hommes, je suis trop malheureux pour n'être pas coupable : j'ai perdu tout espoir,

Z E R B ïï L I JY.

Me confondez-vous avec les autres ? Ne vous restet-il pas un ami ?

Un ami! ce nom seul me fait frémir. Non, plus d'ami : je veux haïr.

( On entend un grand bruit derrière le lliéàtre. ) ZERBELIN.

Mais, d'où vient ce tumulte? Que peut-il nous arriver encore ?

(Il sort un instant.)

Page 1