SCÈNE IL
Le Comte nu VIVEAU, le BARON, ERMANCE.
LE BARON
Grands dieux! je vois le comte!
ERMANCE.
Comment I il serait de retour? ^
LE BARON, au comte.
Eh hien , comte , ce brave chevalier qui vous à défié a-t-il succombé sous vos coups ?
LE COMTE
Qui peut donc vous avoir instruit du véritable motif qui me forçait à m'éloigner ? Ah ! c'est l'indiscrète parente....
ERMANCE.
Détrompez-vous! Le ciel, jaloux de mon bonheur, vient de nous éclairer sur votre affreuse conduite.
LE BARON
Comte! vous ne répondez point à ma question. Ce vengeur de sir Edmond , ce généreux chevalier qui n'a pas craint de prendre sa défense , existe-t-il encore ?
LE COMTE
Le lâche s'est bien gardé de paraître à mes yeux. Mais, monsieur le baron , que veut dire ce ton de reproche, de menace? Sur le point de m'unir à vous, est-ce donc là l'accueil auquel je devais m'attendre ?
LE ÏÎARON.
Vous unir à moi! vous! ah! renoncez à cet espoir.
LE COMTE
Qu'en tends-je ?
ERMA NCE.
Descendez dans votre cœur; et jugez si celui qui, par la plus odieuse cupidité , ravit un fils à son père , doit espérer d'entrer dans sa famille.
L E C O M T E , étonné.
Que veut dire?
^ LE BARON
N'est-ce pas vous qui, par de perfides conseils, l'avez arraché de mes bras ?
ERM ANCE.
N'est-ce pas vous qui, trompant son ame confiante, l'avez environné de pièges séducteurs, afin de surprendre sa jeunesse ?
LE c o M T E , à part.
Qui peut leur avoir révélé!...
LE BARON
Et cette dangereuse Camille, qui l'a chargée du soin de guider mon fils }
ERMA NCE.
Qui l'engagea à déployer tous les moyens de la séduction pour s'emparer de son cœur?
LE BARON
Et cette foule de parasites , d'intrigants , d'hommes déshonorés , dont Edmond se vit entourer dans un instant, n'étaient-ils pas vos agents secrets?