SCÈNE m
Lji Bx\RON, ERMA.NCE, Mademoiselle DÉBORA.
MADEMOISELLE DEBOIÎA.
Ah! mon respectable seigneur! vous me voyez dans une agitation, dans un trouble!...
ERM AN CE.
Que vous est-il arrivé?
LE BARON
Qu'avez-vous ?
MADEMOISELLE DÉBORA
Ce que j'ai! mon cœur en palpite encore d'eiïroi.
E RM AN CE.
Remettez-vous, chère dame!
MADEMOISELLE DÉBORA
Après la vision étonnante, incompréhensible... vision dont je parlerai pendant cent ans , si Dieu me prête vie , je cherchais le savant troubadoiu-, ou plutôt le sorcier , afin de le prier de me faire revoir l'écuyer Zerbelin, lors(ju'en traversant un jjassage somlnx', j'^i aperçu, de loin, tous ces mauvais sujets qui se disaient amis de votre fils.
ERMANCE.
Quoi ! vous avez vu ce chevalier d'x\rbois, ce sénéchal?...
MADEMOISELLE DÉBORA
Oh! ils V étaient tous, armés de pied en cap.... Etonnée de cette nouvelle apparition, je me retirais à la hâte, lorsque j'ai entendu Tun d'eux, qui s'est écrié
2i6 L'ENFANT PRODIGUE,
tout à coup : Quoi! te voilà, perfidie! tu viens de chercher le chevalier aux armes noires : il est ici ; le voilà : défends tes jours.... A ces mots, a succédé un cliquetis d'épées : et, toute tremblante, je suis accourue vers vous, bien convaincue que tous les démons sont maîtres du château.
LE BARON
Généreux troubadour, aurais-tu recours à ton art pour me sauver des mains du plus perfide des hommes?
MADEMOISELLE DEBORA.
Que dites-vous?
ERM AN C E.
Ignor-ez-vous donc les projets du comte? Nous avons tout à craindre de sa fureur.
LE BARON
Et je ne sais quelle inquiétude me dit que l'on retient loin de ma personne tous mes officiers, qui pourraient être mes défenseurs.
MADEMOISELLE DEBORA.
Ah! par Notre-Dame! se pourrait-il?....
LE B A RON
Je veux parler à mes chevaliers; conduisez-moi vers
eux.... Je veux.,..
MADEMOISELLE DEBORA.
Non, pour votre sûreté même, il faut que vous restiez ici. Peut-être a-t-il donné des ordres.... Je veux profiter de son absence pour vous sauver....
ERM ANGE.
Son absence! Mais vous ignorez encore....