‹ OEuvres complètes (volume 4)Chapitre 158 sur 362 · ACTE V, SCENE VI · texte numérisé non relu

ACTE V, SCENE VI

paternel... Quant à mon pouvoir, je crois vous avoir prouvé qu'il ne connaît point de bornes. Vous désirez de voir encore votre fils; mais je dois vous prévenir qu'il est pauvre, misérable...

LE BARON

Pauvreté, malheur, tout ce qui éloigna de lui ses faux amis doit le rapprocher du cœur d'un père.

LE TROUBADOUR

Quoi! seigneur, il peut donc espérer d'obtenir quelque jour son pardon?

LE BARON

Oui, si vous pouvez l'offrir encore à mes regards sincèrement repentant de ses fautes.

O généreux troubadour! faites-nous le voir dans sa situation présente; que nous sachions s'il regrette le toit paternel, et s'il pense encore à son Ermance.

LE TROUBADOUR

Je cède à vos instances. N'exigez de moi rien de plus. Vous allez revoir votre fils , votre amant dans ces lieux mêmes, près de vous, et j'espère que les regrets exprimés par sa bouche lui mériteront votre pitié.

ERMANCE.

Ah ! dites le retour de notre tendresse.

LE TROUBADOUR, parlant à la porte.

O toi , dont j'ose me flatter d'être le bon génie ! toi , qui me sais ton défenseur et ton ami, dans quelque état que le sort t'ait placé, ne crains plus d'offrir à nos yeux un visage flétri par la misère et la douleur!...

2ao L'ENFANT PRODIGUE.

Approche, tu n'as rien à craindre d'un père et d'une

amante!... ose paraître à nos regards!

(Edmond sort de la salle; il est vêtu d'un habit simple , et porte le manteau et la harpe des troubadours. Aussitôt qu'Edmond est entré, le troubadour disparaît parla même porte.)

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