‹ OEuvres complètes (volume 4)Chapitre 283 sur 362 · SCÈNE VIII · texte numérisé non relu

SCÈNE VIII

SOPHIE, Madame FRANVILLE.

( On l'entend rire dans le coulisse à gauche. )

Mais ma tante revient, je crois, de sa visite. Vous riez?

MADAME FRANVILLE.

C'est que tout à la gaîté m'excite.

Qui pourrait allerrvoir nos chers provinciaux Sans étouffer de rire. Ah ! quels originaux ! Il faut en convenir, si la ville m'ennuie, Ses habitants au moins m'offrent la comédie. Mon maître, mon seigneur, a voulu ce matin Que je visse un instant madame Dernettin h Et son peuple d'enfants ; car la bonne nature Lui fait don tous les ans d'une progéniture. Pour complaire à la dame , en dépit du bon sens , J'ai dû de ses marmots louer les grands talents. L'aîné m'offre en dessin la tête de Socrate : Au piano sa sœur écorche une sonate; Tandis que le dernier vient, pour régal nouveau, M'étourdir aigrement de son Maître Corbeau.

SOPHIE

Oh! ma tante, doit-on?....

MADAME FRANVILLE.

Et ne peut-on pas rire ?

Que l'on m'enterre ici si je ne peux médire.

SOPHIE

Mais j'aperçois mon oncle.

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