‹ OEuvres complètes (volume 4)Chapitre 288 sur 362 · SOPHIE, DUMONT · texte numérisé non relu

SOPHIE, DUMONT

Oui , mon oncle m'a dit : « O ma bonne Sophie !

Toi sur qui j'ai fondé le bonheur de ma vie ;

Il faut te marier; il est de mon devoir

D'assurer ton bonheur, et j'en conçois l'espoir ;

Je t'offrirai bientôt un époux estimable. »

— -Un époux! ai-je dit. — Tu seras raisonnable;

Quel que soit cet époux, il doit être accepté.

Ton sort et ta naissance,.... oui, la nécessité.,..»

A ces mots sur son front une rougeur subite

Paraît.... puis, tout à coup mon oncle prend la fuite,

Et me dit dans son trouble : « Adieu , Dumont t'attend ,

Par lui tu vas connaître un secret important. »

Quel est donc ce secret dont vous devez m'instruire?

DUMONT

( A part. )

Mademoiselle, ehl mais.... Comment vais-je lui dire?

( Haut. ) Vous êtes bien aimée. Oui , Franville d'abord Par tendresse a voulu vous fixer un beau sort ;

Tous les ans il a soin d'augmenter votre rente.

Allez votre fortune est bien indépendante,

Et trois cent mille francs font un beau revenu!

Quoi!

Je ne voudrais pas en oter un écu.

A ses yeux vous avez les droits de sa famille :

( Timidement )

Si la loi vous les ôte.... il les rend à sa fille.

SOPHIE

Sa fille ! cher Dumont.

DU M ON T

Voilà le grand secret.

Hélas ! sur votre orgueil il en a craint l'effet ; Mais le doux souvenir de votre heureuse enfance Vous fera pardonner le tort d'une naissance....

SOPHIE

J'entends : à ses bontés je n'ai pas deviné Que par le cœur d'un père il était entraîné!

DUMONT

Il ne saurait, je crois, vous aimer davantage; Mais il ne m'a pas dit un mot du mariage. Je vois ce qui le fait agir en ce moment : Pour vous faire accepter cet établissement, Pour rompre tout obstacle , il a cru nécessaire Cet aveu que plus tard il eût fallu vous faire. Renfermez ce secret; oui, Franville aurait tort Si madame par vous apprenait votre sort; lllsslniulez donc bien, surtout en sa présence;

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