SCENE XX. 4ç
Ces feiniîies! elles ont la tête près du bonnet. Aux armes! punissons le perfide!
( Tiinballes. )
(Les habits des Bohémiennes disparaissent, et l'on ne volt plus que des chevaliers répée à la main, qui ont conservé leurs coiffes de femmes; ils attaquent les gardes et les repoussent ; pendant ce temps , le baron attaque le comte , mais rienr-d' Amour se met entre eux et se bat avec le baron : ce combat doit être ridicule ; ils se portent des coups avec rage et ne se touchent jamais, leurs fers même ne se joignent point. )
Air : Je ne t'ai jamais vu comme ça.
LE BAROIV.
Le ciel se déclare contre moi; je suis vaincu.
( Les chevaliers le saisissent.) LE COMTE.
O fatalité du destin! Ce que c'est que de nous! tout à l'heure, tu faisais trembler tout le monde, et tout le monde te fait trembler; mais rassure-toi, je serai généreux; je n'oublierai point que tu es mon cousin : je te pardonne. ( Ils s' embrassent affectueusement. ) Soldats! qu'on le charge de chaînes, et qu'on l'emmène à la tour.
Air : Allez-vous-en, gens de la noce.
ROSAMONDE
O mon illustre époux! quelle joie de vous retrouver vivant! De quel œil me voyez-vous?
LE COMTE
Je ne puis vous voir que d'un bon œil. Vous , che- Tome VllI. 4
5o LE RETOUR D'UN CROISÉ.
valier généreux , recevez nos remercîments ; sans vous, nous périssions ; devenez mon ami , celui de ma femme. fleiir-u'amour.
C'est tout ce que je demande.
Monseigneur, tous les habitants du château , instruits de votre arrivée, veulent vous témoigner dans le ravissement de leur joie,...
LE COMTE
Chère comtesse, allons jouir de l'amour de nos bons vassaux, et surtout n'oublions pas que le ciel n'abandonne jamais la bonté, la candeur, l'innocence et la vertu.