‹ OEuvres complètes (volume 4)Chapitre 56 sur 362 · ACTE II, SCENE II · texte numérisé non relu

ACTE II, SCENE II

FLORESTINlî.

Ne jurez de rien.

ZERBEHN.

Je défie la plus aimable, la plus adroite..,.

FLORESTIIVE.

Ne nous défiez pas.

ZERLELIN.

En effet, je vous crois très-redoutables pour les jeunesgens sensibles ; mais moi, comme le nocher après plusieurs naufrages, je puis braver les écueils. S'ils ont renversé ma fortune , ils m'ont donné de l'expérience. Ruiné par les belles , je suis allé combattre les Sarrasins ; battu par eux, je reviens dans ma patrie : ne voulant plus faire l'amour , je le chante. Troubadour et guerrier , je n'ai d'autre bien que ma harpe et mon épée ; d'autre ambition que d'acquérir un peu de gloire, et de conserver ma gaîté.

C A M I L L E , à part.

Le singulier homme ! — La tournure de votre esprit me plaît, je suis certaine que vos chants doivent séduire. Vous vous dites troubadour; prenez cet or, et chantez.

ZEUBKLIN.

Vx)us êtes jolie, vous vous dites femme de qualité; gardez votre or, je ne chanterai pas.

CAMILLE

Quelle fierté !

ZERBELIW.

Ne savez-vGus pas qu'un troubadour a comme les jolies femmes ses jours de caprice.

FLORESTINE,basà Camille.

Madame, le jeune damoiseau, suivi de beaucoup de. domestiques , entre dans la cour de l'auberge.

C A M I L L E , bas à Florestine.

Il suffît. Evitons maiirtenant sa présence : j'ai mes projets. Ce troubadour m'inquiète; son esprit est mécliant , il faut l'éloigner.

FLORESTINE

Ou le séduire; j'en fais mon affaire. {A Zerbeliii.^ Adieu , gentil troubadour ; quelque peu galant que vous ayez été pour nous , je n'en chercherai pas moins l'occasion de deviser avec vous.

( Elle rentre avec sa maîtresse. )

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