‹ OEuvres complètes (volume 4)Chapitre 58 sur 362 · SCÈNE IV · texte numérisé non relu

SCÈNE IV

EDMOND, ZERBELIN.

EDMOND, en entrant, suivi de plusieurs domestiques.

Que l'on prenne soin de mes bagages ; que Ton se dispose à me servir : et pour moi , pour mes gens , grande chère et grand feu !

ZERBELIN , sans être vu.

Voilà ce qui s'appelle s'annoncer grandement.

EDMOND

Que je suis heureux ! non jamais journée ne m'a paru plus belle. Voyager pour la première fois , découvrir les sites les plus pittoresques, inconnus jusqu'à présent à mes regards, libre, indépendant de tout devoir, de toute gêne. Il semble que, de l'instant où je me suis trouvé mon maître, la nature ait pris à mes yeux un nouvel éclat; je trouve plus de verdure aux champs, plus de brillant aux fleurs, enfin j'ai repris un nouvel être.

ZERBELIN, à part.

Quel enthousiaste !

EDMOND

Quel avenir s'ouvre devant moi ! De la jeunesse, un grand nom , une fortune considérable : que me manque-t-il pour être heureux !

ZERBELIN,

Ce que je possède , moi : le secret d'être content de tout.

94 i;enfanï prodigue,

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