‹ OEuvres complètes (volume 4)Chapitre 90 sur 362 · SCÈNE VIII · texte numérisé non relu

SCÈNE VIII

ZERBÊLIN, EDMOND, CAMILLE.

ZERBELIN, allant près de Camille, d'un grand sang-lroid.

Elle nie paraît bien mal , cette aimable dame.

EDMOND

Ce n'est pas le temps de plaisanter. Voyez son état,

ZERBELIN, plus froidement encore.

Elle n'en mourra pas. Revenez à vous, madame; je quitterai sir Edmond, pour vous faire plaisir.

EDMOND

Vous avez donc entendu?

ZERBELIN.

Oui , elle ne veut que deux clioses , que vous lui accorderez pour qu'elle n'en meure pas. ( Camillejail an mouvement. ) Mais elle revient; elle nous entend, je vous le certifie.

CAMILLE, faisant les grimaces d'une femme qui revient d'un ^anouissement.

OÙ suis-je ? qu'ai-je voulu faire? Ma douleur! mes larmes....

EDMOND

Oh ! ma chère comtesse ! 9

ZERBELIN.

Allons, du calme, madame. Vos désirs seront satis-

i4o l'enfAjVT prodigue.

faits. Ce serait en vérité dommage de mourir pour si peu de chose.

CAMILLE

Que me voulez-vous? qui vous amène près de moi?

ZERBELIN.

Je viens vous faire mes adieux : je nai pas le bonheur de vous plaire , et je m'exile de moi-même.

EDMOND

Zerbelin , je n'ai point dit...

ZERBELIN.

Non, mais vous finiriez par y consentir, et je veux vous éviter des torts envers moi.

EDMOND, à part.

Je rougis.

ZERBELIN.

Je suis [liché seulement que vous portiez madame à des actes de désespoir qui ont failli lui coûter la vie. Mais , non , vous voulez montrer du caractère , de l'orgueil : il fallait bien mieux lui dire tout de suite que ce brillant collier n'était formé que des cheveux... de votre sœur.

EDMOND, à part.

Il me sauve.

CAMILLE

Quoi! c'est de votre sœur?.. Ah! que je me reproche..

Vous voyez, madame, que c'ei\t été grand dommage de vous piflgnarder; pour mon compte j'en aurais été désolé- Reprenez donc ce fer, et gardez-le pour une occasion plus importante.

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