SCENE IV. i6i
LEROUX
« De mettre la terreur à l'ordre du jour »; c'est-à-dire , de leur faire peur, ça s'entend.
DAMIS, à paît.
Cela ne s'entend que trop bien par-tout.
LEROUX
« Et de surveiller les suspects ».
DAMIS, à part.
Ah ! diable, ce mot-là est parvenu ici. Je suis perdu.
LEROUX
Suspect, qu'est-ce que c'est qu'un suspect?
GILLIN.
Eh! il y a une heure que je me tue de vous dire que c'est un fonctionnaire public.
DAMIS
Vous avez trouvé cela , père Gillin !
GILLIN.
A la preuve de ce que j'avançons , c'est que Gros- Pierre du village voisin m'a dit, le samedi de la Décade : oh ! ça va bien chez nous , il y a déjà quatre suspects. Ils en ont nommé quatre , parce que le village est fort.
Cela ne laisse pas que d'être fort embarrassant.
GILLIN.
Parce que vous vous embarrassez de rien.
DELORME
Citoyen maire, j'observe que le compère Gillin n'est pas dans les charges. Ainsi... d'ailleurs donc... je fais Tome T. î l
iGjt \a:s suspects.
la motion que le compère Gillin soit l'éelus du lieu de nos séances.
LA\ IGiV E.
Appuyé.
GILI,J N.
Oui, eh bien, je m'en vas. Revenez me chercher (juand vous aurez besoin de ma lumière. Dites donc, citoyen Damis, des municipaux qui ne savent pas ce que c'est qu'un suspect !
(Il sort, et tout le village sort avec lui; il ne reste que la municipalité.) LEROUX.
Votre avis à vous, citoyen Damis.
DAMIS
Mes amis, un suspect... (^ pari.) Que vais-je faire, 6 ciel ! laissons-les dans l'erreur; en les éclairant, moi et d'autres pourrions être la victime de mon zèle.
LEROUX
Eh bien?
D A MIS
Eh bien, mes enfants, je suis de l'avis de Gillin,