‹ OEuvres complètesChapitre 155 sur 330 · G E R T R TI D E · texte numérisé non relu

G E R T R TI D E

Comment, c'est vous, ma voisine? vous venez déjà... Tome I. 1 4

uiu LE SOUPER IMPRÉVU.

COELÉNIE.

Je viens te dire que je ne puis être du souper. Mon père est forcé de se rendre à Milan pour des affaires très-importantes. Je suis enchantée de ce contre-temps; je ne verrai pas le neveu de ton maître.

GERTRUDE

c'est pourtant là votre prétendu. Mais je vous afflige. Parlons plutôt de vos amours avec ce jeune officier français. Nous l'aimons toujours... hem? Où est-il? que fait -il? contez -moi tout cela. J'aime les histoires d'amour, moi; cela m'attendrit.

COELÉNIE.

Son général vient de l'envoyer porter des ordres vers Mantoue. Ah! ma pauvre Gertrude, tu connais mes chagrins. Mon père est toujours plus intraitable, il ne veut pas entendre parler de ce mariage ; mais ce qu'il y a de plus cruel pour moi, c'est qu'il prétend absolument me faire épouser ce Bénetto.

GERTRUDE

Vous êtes aussi trop bonne. Savez -vous ce que je ferais à votre place? je prendrais mon parti tout de suite, et pas plus tard qu'au souper d'aujourd'hui. Je dirais au chanoine, Écoutez, je n'aime point votre neveu , parce que c'est un imbécille; et je dirais au neveu. Je ne vous époiiserai point, parce que j'en aime un autre aussi brave, aussi aimable, que vous êtes sot et poltron.

COELÉNIE.

Oh ! je n'oserai jamais ; je veux attendre un moment plus favorable... Mais on vient...

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