‹ OEuvres complètesChapitre 157 sur 330 · SCÈNE III · texte numérisé non relu

SCÈNE III

BARNABE, BÉNETTO, GERTRUDE.

(Le chanoine et son neveu entrent par la porte en l'ace de la cheminée , ou autrement, la porte qui donne dans la cuisine.)

BÉNETTO.*

Ah! mon cher oncle, je n'ai jeté qu'un coup-d'œil sur les préparatifs... Allons, ce repas-là vous fera honneur dans le monde, c'est moi qui vous en réponds.

BARNABE

Comment , Gertrude , tu laisses la porte de ta cuisine ouverte ; tu le vois , nous sommes entrés sans sonner.

GERTRUDE

Ma foi, monsieur, avec le grand feu qu'il faut, on n'y peut tenir. Il y fume à perdre les yeux.

* Ce rôle seulement , si l'acteur le trouve plus agréable de la sorte , peut être baragouiné en italien.

uii LE SOUPEK IMPRKYL.

lî A. R N A B É.

Mais, au moins, fais attention. Des étrangers pourraient, sans obstacle, arriver à cet appartement.

G E R T R TJ D E.

Bon! qui peut courir les champs à cette heure, el (lu temps qu'il fait? il a plu toute la journée.

BARNABE

Tu auras toujours raison! mais les ennemis, les Français...

GERTRUDE

Les Français, ils vous font toujours peur.

BÉNETTO , d'un air de bravade.

Oh! pour moi, j^ ne les crains point. Ils croient, parce qu'ils sont une armée , qu'ils font peur à tout le monde : à quelques poltrons, passe; mais à moi... Quand on a vu le Vésuve face à face... on peut voir bien des choses.

GERTRUDE, a part.

Oui. Nous allons voir mon brave. \ Elle prêle T oreille^ puis dit tout haut. )Vion dieu ! qu'est-ce que j'entends?

BARNABE. 1

Ou'écoiitrs-tu là ?

GERTRIDE.

Je ne me trompe pas, c'est le canon!

BeInETTO et BARNABE, effrayes.

Qu'est-ce que tu dis donc, le canon ?

BÉNETTO.

Nous sommes perdus. Les Français ii aiment pas trop le ( lerge : mon oncle est chanoine : ils ne manqueront pas de venir ici.

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