‹ OEuvres complètesChapitre 248 sur 330 · ACTE 1, SCENE VJ. 3G · texte numérisé non relu

ACTE 1, SCENE VJ. 3G

sa femme dans ses bras.) Peut-on n'être pas lieureux ,

tiuand on possède tout ce (lu'ou aime C'est à lua

ieinme à te dire si je lui fais éprouver le même sentiment,

MADAME MICHELIN

Ah ! je vous rends justice... et je voudrais bien mériter mon bonheur.

ARMAND

Et moi, à titre d'ami, je jouis autant que vous de votre félicité... Mais, cependant, savez-vous, ma belle dame, que je vous trouve un peu changée?.... Vous êtes toujours bien jolie... mais vous avez un petit air languissant...

MADAME MICHELIN, tristement.

Depuis quelques mois, je ne me porte pas bien...

Et cela m'inquiète... Elle est d'une mélancolie qui me désespère, et ne veut consulter personne...

MADAME MICHELIN, embarrassée, et cherchant à changer de conversation.

Cessons de parler de moi, occupons-nous de notre ami... Dites-moi donc, mon cher Armand, ce que, vous avez fait depuis un an que nous avons été privés du plaisir de vous voir?

MICHELIN. '

Ce qu'il a fait? oh! je vais te dire... tout pour la philosophie et rien pour la fortune; de façon ({u'il en esl encore au point oii nous l'avons laissé.

ARMAND

Eh bien, mon ami, tu te trompes... il ne tiendrail

■\6S L\ Jt:i -NiiS.SL DL KICHELIEU.

qu'à moi de faire Ibrlune, je suis placé commQclénient pour cela.

:\î I C II E L I >f , en rianr.

Cela n'est pas possible. On est donc venu te prendre par la main et te dire : Monsieur Armand, vous avez des principes , de V esprit , des connaissances; vous pouvez être utile a votre patrie... donnez-vous lapeùie d'accepter une place.

ARMAND, en riant a.ussi.

Oui.... la chose, à -peu -près, s'est passée comme cela.... excepté cependant que je n'ai pas le bonheur de servir directement mon pays , et que mes faibles talents ne sont consacrés qu'à un seul individu. Enthousiasmé d'un des derniers ouvrag'es de monsieur de Voltaire, j'osai lui adresser d'assez médiocres vers et quelques réflexions qui l'intéressèrent en ma faveur. Il voulut me connaître , me prit en amitié , se chargea du soin de ma fortune , et me conduisit lui-même chez un homnie très -connu par son rang, son crédit à la cour, ses richesses et ses galanteries.

(Madame IVlichelin , qui écoutait attentivement, fait un mouvement • involontaire , et s'arrête au milieu d'une exclamation prête à lui échapper. )

M I C H E L I N , à sa femme.

Qu'as-tu donc?

MADAME MICHELIiN", affectant un air tranquille.

Moi ! rien.... j'écoute.

AR^IAIVD.

Cet homme m'accepta pour son secrétaire , et j'ai , depuis ce temps, été. tellement occupé, que je me suis

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