‹ OEuvres complètesChapitre 261 sur 330 · RICHELIEU,' ARMAND · texte numérisé non relu

RICHELIEU,' ARMAND

Ehbien! mon cher Armand, tu me revois après trois mois d'une campagne terrible.

A. RM AND. •

Et qui vous a fait beaucoup d'honneur.

RICHELIEU

Comment, diable! un compliment! voilà le premier ijue je reçois de toi depuis que nous vivons ensemblt-.

O n'est pas ma faute.

RICHELlF.ll.

Sais -tu que lu as pris sur moi un ascendant dont je suis quelquefois étonné moi-même? Dis -moi un peu d'oîi te vient l'assurance avec laquelle tu m'adresses souvent les vérités les plus dures?

Du témoignage de ma conscience , qui ne me permettra jamais de soumettre votre honneur et le mien aux calculs de l'intérêt et à l'espoir de ma fortune.

RICHELIEU

Cela est fort noble, sans contredit, mais cela n'est pas toujours amusant... Quoi qu'il en soit enfin, aujourd'hui tu es content de moi , et tu trouves que je me suis bien comporté dans la dernière bataille?

ARMAND

Parfaitement. La voix publique est pour vous, et c'est là le suffrage que vous devriez toujours ambitionner. Vous avez autant d'esprit que de vaillance, un jugement sûr et rapide, ce calme sur-tout qui convient à la véritable intrépidité : vous commandiez des Français, vous avez remporté la victoire; cela devait être,

RICHELIEU

Cette bataille a été terrible... Vingt mille hommes au moins restés sur le carreau.

ARMAND

Vingt mille hommes! ...et pourquoi?... C'est une affreuse chose que la guerre.

RICHELIEU

Rien de plus horrible effectivement que faspect d'un chanqj de bataille, le lendemain d'une action...

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