‹ OEuvres complètesChapitre 311 sur 330 · ACTE IV, SCENE IX · texte numérisé non relu

ACTE IV, SCENE IX

ARMAND

Le régent n'a pas eu le temps de parcourir les notes que vous m'aviez chargé de lui remettre ; il se préparait à partir pour une fête qui l'attend à Saint- Cloud, quoiqu'il fasse un temps horrible, et que la pluie tombe par torrents... mais il vous invite à venir le rejoindre le plus tôt possible; et madame de Prie a tout bas ajouté que vous aviez de nombreux concurrents, et que votre présence seule ferait décider l'affaire en votre faveur.

RICHELIEU, gaîment.

Oh! j'en suis sûr, et me voilà ambassadeur... je te ferai nommer secrétaire d'ambassade... tu as vraiment une gravité diplomatique... mais est-ce qu'il faut s'y rendre tout de suite?

ARM AN D

C'est ce que madame de Prie m'a fortement enjoint de vous recommander.

RICHELIEU, à Armand.

En ce cas, je n"ai pas un moment à perdre... range mes papiers... mets ici tout en ordre... (Il s'approche de lui, le preiul par la main, et lui dit a demi bas et en souriant : ) Tu trouveras dans cet appartement plus d'occupation que tu ne crois... {^S' avançant vers madame Renaud, d'un air libre et galant.) Adieu, ma charmante... Je suis vraiment désole...

MADAME RENAUD, ^ans le regarder et se tournant vers un laquais.

Une voiture, monsieur, s'il vous plaît.

( \iC laquais sort. )

R I C n E L I E U , du ton le plus dégagé.

Une voiture! oui, j'y avais pensé... Adieu, ma toute adoi'able... laissez-moi baiser cette belle main... vous me repoussez... malheureusement, je n'ai pas aujourd'hui le temps de me désespérer... il ne me reste que celui de vous jurer amour et fidélité.

(II sort.)

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