ACTE IV, SCENE X
icz après moi... dites-moi, M. Armand?... vous connaissez beaucoup madame Michelin?
ARMAND
Beaucoup.
MADAME RENAUD
Vous l'aimez?
ARMAND
Infiniment... je l'aime et je la respecte.
MADAME RENAUD, avec embarras et craignant d'en trop dire.
A l'heure où je vous parle... je crois qu'elle a du chagrin... qu'elle éprouve des peines bien cruelles...
ARMAND , étonné.
Madame Michelin?
MADAME RENAUD
Oui, j'en suis sûre... et quoique je fusse, peut-être, en droit de conserver contre elle quelque ressentiment... je lui proteste que personne ne pai^age plus que moi toute l'horreur de sa situation. Quand vous la verrez , dites-lui , que je ne suis pas son ennemie , que je ne l'ai jamais été... que son secret... elle entendra ce que ce mot veut dire... que son secret est enseveli , et que je n'en abuserai jamais.
ARMAND, avec froideur.
Je ne crois pas que madame Michelin ait des secrets d'une nature à exiger beaucoup de mystère... mais n'importe, je m'acquitterai de la commission, madame.
MADAME RENAUD, affectueusement, avec le plus grand embarras.
Je vous en prie. M. Armand... il me reste encore une chose à vous dire... je crois... qu'il y a ici... quel- Tome /. 29
45o LA JEUTNESSE DE RICHELIEU.
qu'un... une femme... qui serait bien aise de n'être pas connue, et vous êtes trop galant homme pour vouloir pénétrer le mystère dont elle cherche à s'enveloppei'. En vous retirant, faites avancer une voiture jusqu'à la porte de cette maison... la personne dont je vous parle en aura sûrement besoin.