‹ OEuvres complètesChapitre 326 sur 330 · SCÈNE V · texte numérisé non relu

SCÈNE V

RICHELIEU, ARMAND, MICHELIN, Madame MICHELIN, MARIE.

(Madame Michelin est en robe du matin, les cheveux épars, pâle, et la voix presque éteinte ; Marie l'aide à se soutenir. )

MICHELIN, prenant sa femme par un bras et aidant Marie à la conduire vers un fauteuil.

Eh ! ma tendre amie ! dans quel état te revois-je ! ton indisposition a donc été plus grave qu'on ne me l'avait dit?

MARIE, vivement.

Non, non... madame est beaucoup mieux... (^E//e aperçoit Richelieu et dit a part) Ciel! il est ici ! Tome 1. 3o

MICHELIN

Ma chère , ma meilleure amie !

MADAME MICHELIK.

\h , monsieur jMichelin, qu'un si tendre intérêt m'inspire de reconnaissance !

MICHELIIV.

Et quel intérêt est plus naturel ? n'es-tu pas ce que j'ai de plus cher au monde?... allons, ranime un peu ton courage... voilà nos amis que ta situation inquiète... le hon Armand, tu sais s'il t'aime... regarde-le... tu liras dans ses yeux qu'il partage avec moi cet intérêt que tu sais si bien inspirer.

MADAME MICHELIN, avec chaleur.

Comment m'acquitter envers lui? je lui dois tout... c'est lui dont les soins bienfaisants, dont l'amitié compatissante...

31 A R I E , rintenompant vivement.

M'ont aidée à vous secourir , lorsque vous vous êtes trouvée si mal...

MICHELIN

Mais expliquez-moi donc...

AR3IAj\'D.

Le danger est passé... (Bas à madame Michelin.) Contraignez- vous donc, je vous en conjure.

MICHELIN

Eh quoi! tu pleures... cet état n'est pas naturel... tu recèles au fond de ton cœur des peines que tu crains d'avouer... lève donc sur nous tes regards... vois jMarie dans les larmes [il se jette aux genoux de sa femme) \ ton époux à tes pieds... Armand qui gémit... la Fosse consïerné.

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