‹ OEuvres complètesChapitre 328 sur 330 · ACTE V, SCENE V. ' 4G · texte numérisé non relu

ACTE V, SCENE V. ' 4G

M ICHELlNj sans la regarder, mais lui tendant la main pour la relever.

i^Du ton le plus pénétré.^ Levez-vous... ali! vous avez détruit pour jamais mon bonheur... des reproches amers pourraient m'être permis... mais vous êtes malheureuse, et je ne sais plus que vous plaindre... levezvous. (// la relevé^ Armand et Marie la placent sur un f'aateidl. Michelin dit a Richelieu.^ Sortez de chez moi, monsieur... et puisque le crime a tant d'attraits pour vous, jouissez de toute l'atrocité du votre... il coûte à cette infortunée comme à moi, la tranquillité, l'honneur... et peut-être la vie... sortez.

RICHELIEU, d'un air sombre et un peu fier.

Ce qu'on me demande comme une grâce, je suis disposé quelquefois à l'accorder... je n'obéis jamais à des ordres.

MICHELIN, s'élançant vers uu secrétaire ouvert , où il saisit un pistolet.

Scélérat!

ARMAND ET MARIE, avec un cri terrible et les bras étendus vers Michelin.

Ciel!

Madame Michelin est presque sans connaissance. Au mouvement rapide , au cri d'Armand et de Marie, Michelin qui dirigeait sort arme sur Richelieu , s'arrête , rejette précipitamment le pistolet , et après un moment de silence, il dit à Richelieu d'une voix tremblante et éteinte.

.J'allais me souiller d'un crime. Le commettre et n'en pas être effrayé... cela n'appartient qu'à vous... Armand , aidez-moi à transjjortcr cette femme expirante dans un lieu oii monsieur sera peut-être encore assez

humain pour ne pas nous poursuivre... Il sortira de celui-ci quand il le jugera convenable.

RICHELIEU

Pendant qu'Armand et Michelin s'apprêtent à transporter madame Michelin, Richelieu les regarde d'un air sombre; il se frappe le front avec un sentiment d'indignation contre lui-même , et dit à Armand en se préparant à sortir :

• M. Armand, je vous attends chez moi.

ARMAND

Vous avez tort, monsieur, je n'y rentrerai jamais.

RICHELIEU

Je saurai vous retrouver.

A. RM AND.

Je ne me cacherai pas... Mais vous, si l'âge et la raison ne vous ramènent point aux sentiments de l'honneur et de l'humanité; si votre rang vous dérobe à la justice des hommes, craignez celle devant qui nous sommes tous égaux. L'heure de la vengeance sonnera; vous vous serez vainement réfugié dans la tombe , vous n'échapperez point à la postérité, et votre mémoire expiera l'impunité de votre vie.

RICHELIEU, avec une sorte d'effroi.

Juste ciel !

MICHELIN, à Ai-mand.

Tu es perdu!

A 11 M A N D , avec chaleur.

Je t'ai vengé.

RICHELIEU, du ton le plus pénétré.

Oui, Michelin, vous l'êtes... (^Montrant son cœur) il est là votre vengeur... Armand, ne craignez rien... je fus égaré, je ne suis pas un monstre... sauvez-la.

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