SCENE I
CHRISTINE, SEULE
Il partait cette nuit ; 6 ciel ! et l'infidèle
Sacrifiait ma flamme à son amour nouvelle ?
Le traître ! il se fiait à mon fatal amour.
Sa perte, je le sens, me doit coûter le jour!
Et tout-à-l'heure encor je lui demandais grâce ,
J'abaissais à ses pieds la fierté de ma race,
Et dans mon lâche cœur je m'indignais encor
D'avoir pu d'un méchant solliciter la mort.
O honte ! c'en est trop , il faut venger ma gloire ,
Il faut punir un traître, il faut que sa mémoire
Soit l'éternel effroi des perfides sujets.
De leurs maîtres séduits , confidents indiscrets.
Mais l'ingrat, loin de moi, peut braver ma puissance
Sa fuite le dérobe à ma juste vengeance;
Et de Sentinelli les efforts seront vains...
Si bientôt il pouvait tomber entre ses mains !
Plus de pardon alors ; et Christine , outragée ,
Périra satisfaite en se voyant vengée.