SCÈNE III
CHRISTINE, SEULE
Grands dieux ! dans quel abaissement Me réduit en ce jour un infidèle amant! Suis-je Christine! et puis-je encor me reconnaître! Fille de tant de rois, un sujet est mon maître ; Jusqu'à lui je m'abaisse , et pour prix de mes feux , Je reçois de l'ingrat des mépris orgueilleux! .A.h ! qu'il va payer cher sa coupable insolence ! Plus de pitié pour lui. Consommons la vengeance ; Frappons! Cruel amour, jouis de mes douleurs. Admire ton ouvrage en voyant mes fureurs; Je vais par leur excès étonner la nature. Que dis-tu , malheureuse ! Eh quoi! pour cette injure. Reine aveugle , as-tu cru , fière de tes grandeurs , Comme sur tes états régner sur tous les cœurs !... Ah! je conserve trop rnnage de son crime,