‹ OEuvres complètesChapitre 72 sur 330 · ACTE V, SCENE Vîl · texte numérisé non relu

ACTE V, SCENE Vîl

C'est là Monaklesclii!... je reconnais la place.... Pour m'arracher d'ici je fais de vains efforts; Je ne puis en sortir qu'en marchant sur son corps.... Le remords viendrait-il s'emparer de mon ame ? Ah ! rappelons-nous bien qu'il a trompé ma flamme, Qu'il trahit mes bienfaits, qu'il mérita son sort... Mais un amant ingrat mérite-t-il la mort? Quoi! j'ai pu sans trembler, oubliant ma naissance, Jalouse, dans le sang assouvir ma vengeance! ]Ma bouche n'a pas craint d'ordonner son trépas; Et pour mieux l'immoler j'ai dirigé le bras. Je sens que malgré moi, mon cœur vers lui s'élance.... Osons le contempler. Quels regards il me lance! Son œil encore ouvert garde un sombre courroux ; Il découvre son sein, il me montre les coups, Je les compte avec lui.... Ce spectacle m'effraie!... Son sang bouillonne encor en sortant de la plaie. Ah! courons l'arrêter.... osons porter ma main.,.. La voilà sur son cœur! c'est là que l'assassin... Mais non, retirons-la... Quelle image effrayante! Du sang de mon amant elle est toute fumante ! J'en vois ici, par-tout, le marbre en parait teint , Et jusque sur les murs mon forfait est empreint.

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