‹ OEuvres complètesChapitre 94 sur 330 · SCÈNE XL · texte numérisé non relu

SCÈNE XL

FIRMIN, HENRI, MELCOUR.

MELCOUR.

Eh bien! tu ne finis pas, nous t'attendons; veu\-lii ({ue Saint-Far vienne te chercher elle-même?

Qu'elle ne se donne pas cette peine , vous seul suffirez; il ne vous échappera pas. O mon pauvre Henri!

31 ïi L C O Tj R.

Ah! c'est encore le cher camarade; tu viens de recevoir une belle morale, sans doute, car il ne parle aux gens que sur ce ton. Tantôt n'a-t-il pas voulu avec moi....

Soyez tranquille , cela ne m'arrivera plus. Vous êtes insensible à la voix de la raison; vous ne savez ni rouvrir, ni changer.

HKNRI.

Firmin, songez-vous....

122 LA VRAIE BBAV(UjRE.

Je songe que voilà l'homme qui m'a enlevé mon ami , je ne puis le voir sans horreur,

MELCOUR.

Toujours sur le ton tragique.'

Il est vrai que ce ton n'est pas fait pour vous : on ne doit vous parler qu'avec mépris.

HENRI

Firmin, cessez....

Ai-je quelque ménagement à garder? Est-ce au moment où, pour la première fois de notre vie, la défiance, l'inimitié régnent entre nous, qu'il faudra que je me taise? Non. Je dirai tout haut que cette femme Saint -Far est une intrigante; que monsieur la sert dans ses projets; que vous êtes leur dupe; trop heureux si, en sortant de cette infernale maison , vous n'avez à regretter que la perte de votre argent et de votre réputation !

MELCOUR.

Ceci passe les hornes et je saurai....

HEIVRJ.

Songez que vous parlez de mes amis, et que....

FIRMIN

De tes amis, ingrat! où vois-tu donc des amis dans ceux qui te ruinent, qui te font manquera ton devoir, qui te déshonorent?

MELCOUR.

Un temps viendra oii je vous ferai repentu...

Page 1