HOMMES. FEMMES
CO
Total... 491 37
1° Par celte table, trois mariages donnent ù peu près dix-huit enfants; ainsi les villages, bourgs et petites villes où il y a beaucoup de peuple et peu de gens aisés, produisent beaucoup plus que les villes où il y a beaucoup de bourgeois ou gens riches;
2° II naît plus de garçons que de filles, dans la proportion de 25 à 23 à peu près;
3° Il naît plus d'un quart de personnes de plus qu'il n'en meurt;
4° II meurt un peu plus de femmes que d'hommes;
5° Le nombre des mariages a été diminué très-considérablement par la cherté des grains en 1771 et 1772;
6° Enfin, la population d'Ëpoisses s'est trouvée, par un dénombrement exact, de 1001 personnes; celle de Genay, de 599 personnes, celle de Marigny-le-Cahouet, de 671 personnes, et celle de Toutry, de 390 personnes; ce qui fait en totalité 2,661 personnes. Et comme le nombre moyen des morts, pendant ces cinq années, est de 75 |, et qu'en multipliant ce nombre par 35 \, on retrouve ce même nombre 2,661 , il est certain qu'il ne meurt dans ces bourgs et villages qu'une personne sur trente-cinq au plus.
ÉTAT DES NAISSANCES, MARIAGES ET MORTS DANS LE BAILLIAGE ENTIER DE SEMUR EN AUXOIS , CONTENANT QUATRE-VINGT-DIX-NEUF, TANT VILLES QUE BOURGS ET VILLAGES, POUR LES ANNEES DEPUIS 1770 JUSQUE ET COMPRIS 1774.
BAPTÊMES
MORTUAIRES
MARIAGES
GARÇONS
FILLES
HOMMES
FEMMES
Total...
On voit par celte table, 1° qu'en général le nombre des naissances des garçons excède celui des filles de plus d'un dixième, ce qui est bien considérable, et d'autant plus singulier, que dans les quatre-vingt-dix-neuf paroisses contenues dans ce bailliage, il y en a quarante-deux dans lesquelles il naît plus de filles que de garçons, ou tout au moins un nombre égal des deux sexes; et dans ces quarante-deux lieux sont comprises les villes de Montbard, Vitteaux, et nombre de gros villages, tels que Braux, Millery, Savoisy, Thorrey, Tonillou, Villaine-lès-Prévôtes, Villeberny, Grignon, Étivey, etc. En prenant la somme des garçons et des filles nés dans ces quarante-deux paroisses pendant les dix années pour Montbard, et les cinq années pour les autres lieux depuis 1770 à 1774, on a 1,840 tilles et 1,690 garçons, c'est-à-dire un dixième à très-peu près de filles plus que de garçons. D'où il résulte que dans les cinquante-sept autres paroisses où se trouvent les villes de Semur et de Flavigny, et les bourgs d'Époisses, Mouticr-Sainl-Jean, etc., il est né 2,695 garçons et 2,040 filles, c'est-à-dire à très-peu près un quart de garçons plus que de filles; en sorte qu'il paraît que dans les lieux où toutes les circonstances s'accordent pour la plus nombreuse production des filles, la nature agit bien plus faiblement que dans ceux où les circonstances s'accordent pour la production des garçons,, et c'est ce qui fait qu'en général le nombre des garçons, dans notre climat, est plus grand que celui des filles; mais il ne serait guère possible de déterminer ce rapport au juste, à moins d'avoir le relevé de tous les registres du royaume. Si l'on s'en rapporte sur cela au travail de M. l'abbé d'Expilly, il se trouve un treizième plus de garçons que de tilles, et je ne serais pas éloigné de croire que ce résultat est assez juste;
2° Que le nombre moyen des mariages pendant les années 1770, 1772,
1773 et 1774, étant de 326 {, la misère de l'année 1771 a diminué ce nombre de mariages d'un quart, puisqu'il n'y en a eu que 245 dans cette année ;
3° Que trois mariages donnent à peu près seize enfants;
4° Qu'il meurt plus d'hommes que de femmes, dans la proportion de 33 à 31, et qu'il naît aussi plus de mâles que de femelles, mais dans une plus grande proportion, puisqu'elle est à peu près de 43 à 39 ;
5° Qu'en général il naît plus d'un quart de monde qu'il n'en meurt dans ce bailliage ;
6° Que le nombre des morts s'est trouvé plus grand en 1772, par les suites de la misère de 1771.
Voici la liste des lieux dont j'ai parlé, et dans lesquels il naît autant ou plus de fdles que de garçons dans ce même bailliage d'Auxois.
Montbard , pour dix ans
Vitteaux , pour cinq ans
Millery, pour cinq ans
Braux , pour cinq ans
Savoisy, pour cinq ans
Thorrey sous Charny, pour cinq ans
Villaine-Iès-Pré votes , pour cinq ans
Villeberny, pour cinq ans
Grignon , pour cinq ans
Étivey, pour cinq ans
Corcelle-lès-Grignon , pour cinq ans
Grosbois , pour cinq ans
Nesles , pour cinq ans.
Vizerny, pour cinq ans
Touillon , pour cina ans
Saint-Thibaut , pour cinq ans
Saint-Beury , pour cinq ans
Pisy, pour cinq ans
Toutry, pour cinq ans
Athie , pour cinq ans
Corcelle-lès-Semur, pour cinq ans
Crépend , pour cinq ans
Étais , pour cinq ans
Fiée , pour cinq ans
Magny-la-Ville , pour cinq ans
Nogent-lès-Montbard , pour cinq ans
Norinier, pour cinq ans
Saint-Manin , pour cinq ans
Vieux-Chàteau , pour cinq ans
Charigny, pour cinq ans
Lucenay-le-Duc, pour cinq ans
Danipierre , pour cinq ans
Dracy , pour cinq ans
Marsigny-sous-Thil , pour cinq ans
Montigny-Saint-Barthéleniy, pour cinq ans...
Total 1,619 1748
arçons.
Filles
Garçnns. Filles
Report. 1,619 1,748
Planay, pour cinq ans 13 19
Verré-sous-Drée , pour cinq ans .' 11 14
Massingy-lès-Vitteaux, pour cinq ans 18 23
Cessey, pour cinq ans (J 9
Corcelutte en montagne , pour cinq ans 8 9
Masilly-lès-Vitteaux , pour cinq ans 6 9
Saint- Authot , pour cinq ans 6 9
Total 1,090 1,840
Les causes qui concourent à la plus nombreuse production des filles, sont très-difficiles à deviner. J'ai rapporté dans celte table les lieux où cet effet arrive, et je ne vois rien qui les distingue des autres lieux du même pays, sinon que généralement ils sont situés plus en montagnes qu'en vallées, et, qu'en gros, ce sont les endroits les moins riches et où le peuple est le plus mal à l'aise; mais celte observation demanderait à être suivie et fondée sur un beaucoup plus grand nombre que sur celui de ces quaranledeux paroisses, et l'on trouverait peut-êlre quelque rapport commun, sur lequel on pourrait appuyer des conjectures raisonnables, et reconnaître quels sont les inconvénients qui , dans de certains endroits de noire climat, déterminent la nature à s'écarter de la loi commune, laquelle est de produire plus de mâles que de femelles.
ÉTAT DES NAISSANCES, MARIAGES ET MORTS DANS LE BAILLIAGE DE SAULIED EN BOURGOGNE, CONTENANT QUARANTE, TANT VILLES QUE BOURGS ET VILLAGES, POUR LES ANNÉES DEPUIS 1770 JUSQUE ET COMPRIS 1772.
MARIAGES
MORTUAIRES
GARÇONS
FILLES
HOMMES
FEMMES
Total... 3043 2218
On voit, par celte table, 1° que le nombre des naissances des garçons excède celui des naissances des filles d'environ un quart, quoique dans les trente-neuf paroisses qui composent ce bailliage" il y en ait dix-huit où il nail plus de filles que de garçons, et dont voici la liste :
a. Ce bailliage de Saulieu est réellement composé de quarante paroisses, mais l'on n'a pu avoir les registres de celle de Savilly, qui n'est, par conséquent, pas comprise dans l'état ci- dessus.
Garçons. Filles.
Saiut-Léger-de-Foucheret, pour trois ans 66 76
Saint-Léger-de-Fourche, pour trois aus 52 55
S hissey , pour trois ans ... ; ,
Rouvray, pour trois ans
Villargoix , pour trois ans
Saint-Agnan , pour trois ans
Cenceiey, pour tn>is ans
Warcilly, pour trois ans
Blanot , pour trois ans
Saint-Didier , pour trois ans
Minery , pour trois ans
Pressy, pour trois ans
Brasey, pour trois ans
Aisy , pour trois ans
Noidan , pour trois ans
Molphey , pour trois ans
Villen , pour trois ans
Cliarny, pour trois ans
Total 488 581
Le nombre total des filles pour trois ans étant 581 , et celui des garçons 488, il est, par conséquent, né presque un sixième de filles plus que de garçons, ou six filles pour cinq garçons dans ces dix-huit paroisses. D'où il résulte, 2° que dans les vingt-une autres paroisses, où se trouvent la ville de Saulieu, le bourg d'Aligny et les autres lieux les moins pauvres de ce bailliage, il est né 1,077 garçons et 897 filles, c'est-à-dire un cinquième de garçons plus que de filles;
3° Que le nombre des mariages n'ayant été que de 117 en 1771, au lieu qu'il a été de 181 en 1770, et de 150 en 1772, on retrouve ici, comme dans le bailliage d'Auxois, que cela ne peut être attribué qu'à la cherté des grains en 1771; et comme ce bailliage de Saulieu est beaucoup plus pauvre que celui de Semur, le nombre des mariages, qui s'est trouvé diminué d'un quart dans le bailliage de Semur, se trouve ici diminué de moitié par la misère de cette année 1771 ;
4° Que trois mariages donnent dix-huit trois quarts d'enfants dans ce même bailliage, où il n'y a, pour ainsi dire, que du peuple, duquel, comme je l'ai dit, les mariages sont toujours plus prolifiques que dans les conditions plus élevées;
5° Qu'il meurt plus de femmes que d'hommes, par la raison qu'elles y travaillent plus que dans un district moins pauvre, tel que celui de Semur, où il meurt au contraire plus d'hommes que de femmes;
0° Qu'il naît plus d'un tiers d'enfants de plus qu'il ne meurt de personnes dans ce bailliage;
7° Que le nombre des morts s'est trouvé beaucoup plus grand dans l'année 1772, connue dans les autres districts, et par les mêmes raisons.
Si l'on prend le nombre moyen des morts pour une année, on trouvera que ce nombre dans le bailliage de Saulieu, est de 739 {, et que ce nombre, dans le bailliage de Semur, est 1,281 f , dont la somme est 2,020 ff ; or, le dernier de ces bailliages contient quatre-vingt-dix-neuf paroisses, et le premier trente-neuf, ce qui fait pour les deux, cent trente-huit lieux ou paroisses. Or, suivant M. l'abbé d'Expilly, tout le royaume de France contient 41,000 paroisses; la population, dans ces deux bailliages de Semur et de Saulieu , est donc à la population de tout le royaume, à très-peu près, comme 138 sont à 41,000. Mais nous avons trouvé, par les observations précédentes, qu'il faut multiplier par 35 au moins le nombre des morts annuels pour connaître le nombre des vivants; multipliant donc 2,020 ~, nombre des morts annuels dans ces deux bailliages, on aura 70,732 |- pour la population de ces deux bailliages, et, par conséquent, 21 millions 14 mille 777 pour la population totale du royaume, sans y comprendre la ville de Paris, dont nous avons estimé la population à 658 mille, ce qui ferait en tout 21 millions 672,777 personnes dans tout le royaume, nombre qui ne s'éloigne pas beaucoup de 22 millions 14 mille 357, donné par M. l'abbé d'Expilly, pour cette même population. Mais une chose qui ne me paraît pas aussi certaine , c'est ce que ce très-estimable auteur avance au sujet du nombre des femmes, qu'il dit surpasser constamment le nombre des hommes vivants; ce qui me fait douter de cet allégué, c'est qu'à Paris il est démontré par les tables précédentes, qu'il naît annuellement plus de garçons que de filles, et de même qu'il meurt annuellement dans cette ville plus d'hommes que de femmes; par conséquent, le nombre des hommes vivants doit surpasser celui des femmes vivantes. Et, à l'égard de la province, si nous prenons le nombre des naissances annuelles des garçons et des filles, et le nombre annuel des morts des hommes et des femmes dans les deux bailliages dont nous venons de donner les tables, nous trouverons 1,370 garçons et 1,265 filles nés annuellement, et nous aurons 1,023 hommes et 998 femmes morts annuellement. Dès lors, il doit y avoir un peu plus d'hommes que de femmes vivants dans les provinces quoiqu'en moindre proportion qu'à Paris, et malgré les émigrations auxquelles les hommes sont bien plus sujets que les femmes.