‹ Œuvres complètes avec la nomenclature linnéenne et la classification de Cuvier, reviser et annotéesChapitre 110 sur 126 · LE HÉRISSON · texte numérisé non relu

LE HÉRISSON

un grand nombre dans nos forêts, nous n'en avons jamais vu sur les arbres; ils se tiennent toujours au pied dans un creux ou sous la mousse; ils ne bougent pas tant qu'il est jour, mais ils courent, ou plutôt ils marebent pendant toute la nuit; ils approchent rarement des habitations, ils préfèrent les lieux élevés et secs, quoiqu'ils se trouvent aussi quelquefois dans les prés. On les prend à la main, ils ne fuient pas, ils ne se défendent ni des pieds ni des dents, mais ils se mettent en boule dès qu'on les touche, et pour les faire étendre il faut les plonger dans l'eau. Ils dorment pendant l'hiver; ainsi les provisions qu'on dit qu'ils font pendant l'été leur seraient bien inutiles. Us ne mangent pas beaucoup, et peuvent se passer assez longtemps de nourriture. Ils ont le sang froid ' à peu près comme les autres animaux qui dorment en hiver. Leur chair n'est pas bonne à manger, et leur peau, dont on ne fait maintenant aucun usage, servait autrefois de vergetle et de frottoir pour serancer le chanvre.

Il en est des deux espèces de hérisson, l'un à groin de cochon, et l'autre à museau de chien, dont parlent quelques auteurs, comme des deux espèces de blaireau; nous n'en connaissons qu'une seule, et qui n'a même aucune variété dans ces climats; elle est assez généralement répandue; on en trouve partout en Europe, à l'exception des pays les plus froids, comme la Laponie, la Norwége, etc. Il y a, dit Flacourt °, des hérissons à Madagascar comme en France, et on les appelle Sora*. Le hérisson de Siam, dont parle le P. Tachard 6, nous paraît être un autre animal, et le hérisson d'Amérique c 3, le hérisson de Sibérie d 4, sont les espèces les plus voisines du hérisson commun; enfin, le hérisson de Malacca é semble plus approcher de l'espèce du porc-épic que de celle du hérisson.

a. Voyez le Voyage de Flacourt. Paris, 1661, p. 152.

b. Voyez le Second voyage du P. Tachard. Paris, 1689, p. 272.

c. Echinus Indicus albus. Ray, Synops. anim. quadr.,$. 232. Echinus Americanus albus. Albert Seba, vol. I , p. 78. Acanthion echinatus, Erinaceus Americanus albus Surinamcnsis. Klein, de quadrup., p. 66.

d. Erinaceus Sibericus. Albert Saba, vol. I, p. 66.

e. Porcus aculeatus seu Histrix Malaccensis. Albert Seba, vol. I, p. 81. Acanthion aculcis longissimis. Hislrix genuina. Porcus aculeatus Malaccensis. Klein, de quadrup. p. C6. Histrix

pedibus pentadactylis , caudd truncatd. Linnœus. Erinaceus auriculis pendulis Brisson ,

lieg. anim., p. 183.

1. Ils ont le sang aussi chaud que les autres quadrupèdes. Ce n'est que pendant leur soin* meil d'hiver que leur température s'abaisse.

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