‹ Œuvres complètes avec la nomenclature linnéenne et la classification de Cuvier, reviser et annotéesChapitre 19 sur 126 · Voyez la note de la page 888 du icr volume · texte numérisé non relu

Voyez la note de la page 888 du icr volume

3. Selon Barvey, c'est le cour qui est le premier formé (I«vol. , p. 483); selon Malpigbi, C'est la tite 1 1 LVpfne du dos ( I« vol., p. 487 ). On peut croire une les ébauches de tond s les par- 1 1 . ont formées en même tempe ; mais , de toutes b s parties , celle qui m'a para se développer i. premièn i I en effet, comme le dit ici Bulton, après Malpighi, le tyttimnurvtuaoBaixoli

•e cerveau et l:i moelle i:mniére.

organes auxquels il aboutit un grand nombre de différents nerfs, comme les oreilles, ou ceux qui sont eux-mêmes de gros nerfs épanouis, comme les yeux, sont aussi ceux qui se développent le plus promptement et les premiers.

Si l'on examine les yeux d'un enfant quelques heures ou quelques jours après sa naissance, on reconnaît aisément qu'il n'en fait encore aucun usage; cet organe n'ayant pas encore assez de consistance, les rayons de la lumière ne peuvent arriver que confusément sur la rétine ; ce n'est qu'au bout d'un mois ou environ qu'il paraît que l'œil a pris de la solidité et le degré de tension nécessaire pour transmettre ces rayons dans l'ordre que suppose la vision; cependant alors même, c'est-à-dire au bout d'un mois, les yeux des enfants ne s'arrêtent encore sur rien : ils les remuent et les tournent indifféremment, sans qu'on puisse remarquer si quelques objets les affectent réellement; mais bientôt, c'est-à-dire à six ou sept semaines, ils commencent à arrêter leurs regards sur les choses les plus brillantes, à tourner souvent les yeux et à les fixer du côté du jour, des lumières ou des fenêtres; cependant l'exercice qu'ils donnent à cet organe ne fait que le fortifier sans leur donner encore aucune notion exacte des différents objets, car le premier défaut du sens de la vue est de représenter tous les objets renversés1. Les enfants, avant que de s'être assurés par le toucher de la position des choses et de celle de leur propre corps, voient en bas tout ce qui est en haut, et en haut tout ce qui est en bas : ils prennent donc par les yeux une fausse idée de la position des objets. Un second défaut, et qui doit induire les enfants dans une autre espèce d'erreur ou de faux jugement, c'est qu'ils voient d'abord tous les objets doubles2, parce que dans chaque œil il se forme une image du même objet : ce ne peut encore être que par l'expérience du toucher qu'ils acquièrent la connaissance nécessaire pour rectifier cette erreur et qu'ils apprennent en effet à juger simples les objets qui leur paraissent doubles. Cette erreur de la vue, aussi bien que la première, est dans la suite si bien rectifiée par la vérité du toucher, que, quoique nous voyions en effet tous les

1. Rien n'est moins prouvé que cette assertion. Dans la question, depuis si longtemps agitée, de la vision droite ou renversée, le premier point est de savoir si nous voyons les objets dans l'œil , ou hors de l'œil.

Condillac prétend que la sensation , produite dans l'œil : « reste dans l'œil , et ne s'étend « point au delà. » ( Traité des sensations. — Extrait raisonné. — Précis de la première partie. ) Il est facile de s'assurer, par des observations faites sur de jeunes animaux, que dès que le petit animal voit, il voit les objets hors de l'œil, et les voit où ils sont. Le petit poulet, à peine éclos , voit un grain' de blé où ce grain se trouve , puisque son bec frappe juste. Un petit ruminant, à peine né, se met à courir et ne se heurte point contre les objets. Le petit cheval fait de même. (Voyez mon livre sur Y Instinct et l'intelligence des animaux, au chapitre intitulé : Rôle des sens. )

2. Seconde assertion, qui n'est pas mieux prouvée que la première. Toutes les fois que l'objet se peint sur des parties correspondantes des deux rétines, nous voyons l'objet simple. Si nous pressons légèrement de côté l'un des deux yeux, l'objet parait double, parce que les deux images ne tombent plus sur des parties correspondantes des deux rétines.

objets doubles et renversés, nous nous imaginons cependant les voir réellement simples et droits, et que nous nous persuadons que cette sensation par laquelle nous voyons les objets simples et droits, qui n'est qu'un jugement de notre âme occasionné par le toucher, est une appréhension réelle produite par le sens de la vue : si nous étions privés du toucher, les yeux nous tromperaient donc non-seulement sur la position, mais aussi sur le nombre des objets.

La première erreur est une suite de la conformation de l'œil, sur le fond duquel les objets se peignent dans une situation renversée, parce que les rayons lumineux qui forment les images de ces mêmes objets ne peuvent entrer dans l'œil qu'en se croisant dans la petite ouverture de la pupille. On aura une idée bien claire de la manière dont se fait ce renversement des images, si l'on fait un petit trou dans un lieu fort obscur : on verra que les objets du dehors se peindront sur la muraille de cette chambre obscure dans une situation renversée, parce que tous les rayons qui partent des différents points de l'objet ne peuvent pas passer par le petit trou dans la position et dans l'étendue qu'ils ont en parlant de l'objet, puisqu'il faudrait alors que le trou fût aussi grand que l'objet même; mais comme chaque partie, chaque point de l'objet renvoie des images de tous côtés, et que les rayons qui forment ces images partent de tous les points de l'objet comme d'autant de centres, il ne peut passer par le petit trou que ceux qui arrivent dans des directions différentes ; le petit trou devient un centre pour l'objet entier, auquel les rayons de la partie d'en haut arrivent aussi bien que ceux de la partie d'en bas, sous des directions convergentes : par conséquent ils se croisent dans ce centre et peignent ensuite les objets dans une situation renversée.

Il est aussi fort aisé de se convaincre que nous voyons réellement tous les objets doubles, quoique nous les jugions simples : il ne faut pour cela que regarder le même objet, d'abord avec l'œil droit, on le verra correspondre à quelque point d'une muraille ou d'un plan que nous supposons au delà de l'objet ; ensuite, en le regardant avec l'œil gauche, on verra qu'il correspond à un autre point de la muraille, et enfin, en le regardant des (\eux yeux, on le verra dans le milieu, entre les deux points auxquels il correspondait auparavant1 : ainsi, il se forme une image dans chacun de nos yeux, nous voyons l'objet double, c'est-à-dire nous voyons une image de cet objet à droite et une image ;i gauche, et nous le jugeons simple cl dans le milieu parce que non- avons rectifié par le sens du toucher celte erreur de la vue. !><• même si l'on regarde des deux yeux deux objets qui soient a peu près dans la même

t. Dan i tte expérience , l'objet est toujours vu à sa place : seulement, chaque œil a en \"it pleinement que la moitié qui est de son côté. Sien effet, tandis que nous regardons un objet avec i deux yeux , nous en fermons un i l'autre est aussitôt obli |é de - tourner plus complètement mis l'obji i pour Le Mm lout entier.

direction par rapport à nous, en fixant les yeux sur le premier, qui est le plus voisin, on le verra simple, mais en même temps on verra double celui qui est le plus éloigné ; et au contraire, si l'on fixe ses yeux sur celui-ci, qui ist le plus éloigné, on le verra simple, tandis qu'on verra double en même temps l'objet le plus voisin * : ceci prouve encore évidemment que nous voyons en effet tous les objets doubles, quoique nous les jugions simples, et que nous les voyons où ils ne sont pas réellement, quoique nous les jugions où ils sont en effet. Si le sens du toucher ne rectifiait donc pas le sens de la vue dans toutes les occasions, nous nous tromperions sur la position des objets, sur leur nombre et encore sur leur lieu2; nous les jugerions renversés, nous les jugerions doubles, et nous les jugerions à droite et à gauche du lieu qu'ils occupent réellement; et si au lieu de deux yeux nous en avions cent, nous jugerions toujours les objets simples, quoique nous les vissions multipliés cent fois.

Il se forme donc dans chaque œil une image de l'objet, et lorsque ces deux images tombent sur les parties de la rétine qui sont correspondantes, c'est-à-dire qui sont toujours affectées en même temps, les objets nous paraissent simples , parce que nous avons pris l'habitude de les juger tels ; mais si les images des objets tombent sur des parties de la rétine qui ne sont pas ordinairement affectées ensemble et en même temps, alors les objets nous paraissent doubles, parce que nous n'avons pas pris l'habitude de rectifier cette sensation, qui n'est pas ordinaire3; nous sommes alors dans le cas d'un enfant qui commence à voir et qui juge en effet d'abord les objets doubles. M. Cheselden rapporte dans son Anatomie, page 342, qu'un homme étant devenu louche par l'effet d'un coup à la tête, vit les objets doubles pendant fort longtemps, mais que peu à peu il vint à juger simples ceux qui lui étaient les plus familiers, et qu'enfin après bien du temps il les jugea tous simples comme auparavant, quoique ses yeux eussent toujours la mauvaise disposition que le coup avait occasionnée. Cela ne prouve-t-il pas encore bien évidemment que nous voyons en effet les objets doubles, et que ce n'est que par l'habitude4 que nous les jugeons simples? et si l'on demande

\. Mais , s'il eu est ainsi, si le même objet est tantôt vu simple , et tantôt vu double , que fait donc le toucher à la vue? Pourquoi corrige-t-il la vue dans un cas, et ne la corrige-t-il pas dans l'autre ? Pourquoi la corrige-t-il une fois pour l'objet le plus éloigné , et une autre fois pour l'objet le plus proche ?

2. Un homme, qui serait privé du sens du toucher, se tromperait donc sur tout, sur la vosition des objets, sur leur nombre, sur leur lieu. Buffon l'assure. D'Alembert écrivait après Baf'fon, et voici ce qu'il écrivait : « Rien n'est moins satisfaisant, il faut l'avouer, que les rai- *.' sonnemeuts des philosophes sur les moyens par lesquels l'œil juge de la distance , de la gran- « deur apparente des objets, etc., etc. » {Eléments de philosophie , ch. xvm. Optique. )

3. Les objets paraissent doubles, et le paraissent en dépit du jugement : voilà le fait. Ce qui reste à prouver, c'est l'assertion de Buffon, savoir, que l'habitude parviendrait à rectifier cette sensation.

4. Est-ce par l'habitude? N'est-ce pas, au contraire, parce que l'œil louche parvient à se placer de manière que l'image tombe enfin sur les points correspondants des deux rétines ?

pourquoi il faut si peu de temps aux enfants pour apprendre ù les juger simples, et qu'il en faut tant à des personnes avancées en âge, lorsqu'il leur arrive par accident de les voir doubles, comme dans l'exemple que nous venons de citer, on peut répondre que les enfants n'ayant aucune habitude contraire à celle qu'ils acquièrent, il leur faut moins de temps pour rectifier leurs sensations , mais que les personnes qui ont pendant 20 , 30 ou 40 ans vu les objets simples, parce qu'ils tombaient sur deux parties correspondantes de la rétine, et qui les voient doubles parce qu'ils ne tombent plus sur ces mêmes parties, ont le désavantage d'une habitude contraire à celle qu'ils veulent acquérir, et qu'il faut peut-être un exercice de 20, 30 ou 40 ans pour effacer les traces de cette ancienne habitude de juger; et l'on peut croire que s'il arrivait à des gens âgés un changement dans la direction des axes optiques de l'œil, et qu'ils vissent les objets doubles, leur vie ne serait plus assez longue pour qu'ils pussent rectifier leur jugement en effaçant les traces de la première habitude, et que par conséquent ils verraient tout le reste de leur vie les objets doubles.

Nous ne pouvons avoir par le sens de la vue aucune idée des distances; sans le loucher tous les objets nous paraîtraient être dans nos yeux4, parce que les images de ces objets y sont en effet; et un enfant qui n'a encore rien touché doit être affecté comme si tous ces objets étaient en lui-même ; il les voit seulement plus gros ou plus petits, selon qu'ils s'approchent ou qu'ils s'éloignent de ses yeux; une mouche qui s'approche de son œil doit lui paraître un animal d'une grandeur énorme; un cheval ou un bœuf qui en est éloigne lui paraît plus petit que la mouche : ainsi il ne peut avoir par ce sens aucune connaissance de la grandeur relative des objets, parce qu'il n'a aucune idée de la dislance à laquelle il les voit; ce n'est qu'après avoir mesuré la distance en étendant la main ou en transportant son corps d'un lieu à un autre, qu'il peut acquérir cette idée de la distance et de la grandeur des objets : auparavant il ne connaît point du tout celle distance, et il ne peut juger de la grandeur d'un objet que par celle de l'image qu'il forme dans son œil. Dans ce cas le jugement de la grandeur n'est produit que par l'ouverture de l'angle formé par les deux rayons extrêmes de la partie supérieure et de la partie inférieure de l'objet : par conséquent il doit juger grand tout ce qui est près, et petit tout ce qui est loin de lui; mais après avoir acquis par le loucher ces idées de dislance, le jugement de la grandeur des objets commence à se rectifier; on ne se fie plus à la première appréhension qui nous vient par les yeux pour juger de celle grandeur, on tâche de connaître la distance, on cherche en même temps à reconnaître l'objet par sa forme, cl ensuite on juge de sa grandeur.

Il n'est pas douteux que dans une file de vingt soldats, le premier, dont je suppose qu'on soit fort près, ne nous parût beaucoup plus grand que le

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