‹ Œuvres complètes avec la nomenclature linnéenne et la classification de Cuvier, reviser et annotéesChapitre 36 sur 126 · II. — Sur V usage du maillot et des corps · texte numérisé non relu

II. — Sur V usage du maillot et des corps

J'ai dit, page 1G, que les bandages du maillot, ainsi que les corps qu'on fait porter aux enfants et aux filles dans leur jeunesse, peuvent corrompre l'assemblage du corps et produire plus de difformités qu ils n'en préviennent. On commence heureusement à revenir un peu de cet usage préjudiciable, et l'on ne saurait trop répéter ce qui a été dit à ce sujet par les plus savants anatomistes. M. Winslow a observé dans plusieurs femmes et filles de condition, que les cotes inférieures se trouvaient plus basses, et que les portions cartilagineuses de ces côtes étaient plus courbées que dans les filles du bas peuple; il jugea que cette différence ne pouvait venir que de l'usage habituel des corps qui sont d'ordinaire extrêmement serres par en bas. Il explique et démontre par de très-bonnes ra sons tous les inconvénients qui en résultent ; la respiration gênée par le serrement des côtes inférieures et par la VOÛte forcée du diaphragme trouble la circulation , occasionne des palpitations, des vertiges, des maladies pulmonaires, etc. ; la compression forcée de. l'estomac, du foie et de la rate, peut aussi produire des accidenta plus ou moins fâcheux par rapport aux nerfs, comme des faiblesses, dis suffocations, des tremblements, etc b-

Mais ces maux intérieurs ne sont pas les seuls que l'usage des corps occasionne ; bien loin de redresser les tailles défectueuses , ils ne l'ont qu'en augmenter les défauts, tt

" Voyez l' s Observations de M. Petit, sur li's maladies des enfants nouveau-né's. Mémoires de l'Académie des Sciences, année I74i, p. 25*.

//. Mémoires de l'Académie det Sciences, année \i\\ , p, 88 1 1 suiv.

1. Cet Addition* forment la seconde partie du IV volume des Suppléments de l'édition in-4* di L'Imprunerii royale, volume publié en 17ïs

loutes les personnes sensées devraient proscrire dans leurs familles l'usage du maillot pour leurs enfants , et plus sévèrement encore l'usage des corps pour leurs filles , surtout avant qu'elles aient atteint leur accroissement en entier.

III. — Sur l'accroissement successif des enfants, paye 24 et 23.

Voici la table de l'accroissement successif d'un jeune homme de la plus belle venue, né le 11 avril 1759, et qui avait,

Pieds, r. uces. Lignes.

Au moment de sa naissance 1 7 »

A six mois , c'est-à-dire , le 1 1 octobre suivant , il avait 2 » »

Ainsi son accroissement depuis la naissance dans les premiers six mois a été

de cinq pouces.

A un an, c'est-à-dire, le 11 avril 1760, il avait 2 3 »

Ainsi son accroissement pendant ce second semestre a été de trois pouces.

A Jix-huit mois , c'est-à-dire , le 1 1 octobre 1760 , il avait 2 6 n

Ainsi il avait augmenté dans le troisième semestre de trois pouces.

A deux ans, c'est-à-dire, le 11 avril 1761 , il avait 2 9 3

Et par conséquent il a augmenté dans le quatrième semestre de trois pouces

trois lignes.

A deux ans et demi , c'est-à-dire , le 1 1 octobre 1 76 1 , il avait 2 10 'i ~

Ainsi il n'a augmenté dans ce cinquième semestre que d'un pouce et une

demi-ligne.

A trois ans, c'est-à-dire, le 11 avril 176-2, il avait 3 » »

Il avait par conséquent augmenté dans ce sixième semestre de deux pouces

deux lignes et demie.

A trois ans et demi, c'est-à-dire, le 11 octobre 1762, il avait 3 11

Et par conséquent il n'avait augmenté dans ce septième semestre que de sept

lignes.

A quatre ans, c'est-à-dire, le 11 avril 1763 , il avait 3 2 10 i

Il avait donc augmenté dans ce huitième semestre d'un pouce neuf lignes et

demie.

A quatre ans sept mois, c'est-à-dire, le 11 novembre 1763 , il avait 3 4 5 \

Et avait augmenté dans ces sept mois d'un pouce sept lignes.

A cinq ans , c'est-à-dire , le 11 avril 1764 , il avait 3 5 3

11 avait donc augmenté dans ces cinq mois de neuf lignes et demie.

A cinq ans sept mois, c'est-à-dire, le tl novembre 1764, il avait 3 6 S

11 avait donc augmenté dans ces sept mois d'un pouce cinq hgnes.

A six ans , c'est-à-dire , le 11 avril 176S , il avait 3 7 6-;

Il a augmenté dans ces cinq mois de dix lignes et demie.

A six ans six mois dix-neuf jours , c'est-à-dire , le 30 octobre 1765 , il avait. 3 9 5

Et par conséquent il avait grandi dans ces six mois dix-neuf jours d'un pouce

dix lignes et demie.

A sept ans, c'est-à-dire, le H avril 1766, il avait 3 9 il

11 n'avait par conséquent grandi dans ces cinq mois onze jours que de six

lignes.

A sept ans trois mois , c'est-à-dire , le 1 1 juillet 1766 , il avait 3 10 1 !

Ainsi dans ces trois mois il a grandi d'un pouce.

A sept ans et demi, c'est-à-dire, le 11 octobre 1766, il avait 3 11 7

Ainsi dans ces trois mois il a grandi de huit lignes.

A huit ans , c'est-à-dire , le 1 1 avril 1767 , il avait 4 » *

Et par conséquent il n'a grandi dans ces six mois que de neuf lignes.

A huit ans et demi, c'est-à-dire, le 11 octobre 1767, il avait 4 l ï j

Et par conséquent il avait grandi dans ces six mois d'un pouce trois lignes et

demie.

Pieds. Pouces. Lignef.

A n.uf ans, c'est-à-dire, le 11 avril 1762, il avait. 4 2 7 £

El p a conséquent dans ces six mois il a grandi d'un pouce.

A neuf ans sept mois douze jours, c'est-à-dire, le 23 novembre 1768, il

avait 4 3 9',

Et par conséquent il avait augmenté dans ces sept mois douze jours d'un

pouce deux lignes.

\ dix ans, c'est-à-dire, le 11 avril 17G9 , il avait 4 4 l-

II avait donc grandi dans ces quatre mois dix-huit jours de huit lignes.

A onze ans et demi , c'est-à-dire, le 11 octobre 1770, il avait 4 6 11

Et par conséquent il a grandi dans dix-huit mois de deux pouces cinq lignes

1 1 demie.

A douze ans, c'est-à-dire, le 11 avril 1771 , ii avait 4 7 5

Et par conséquent il n'a grandi dans ces six mois que de six lignes.

A douze ans huit mois, c'est-à-dire, le 11 décembre 1771 , il avait 4 8 11

Et par conséquent il a grandi dans ces huit mois d'un pouce six lignes.

A treize ans, c'est-à-dire, le 11 avril 1772, il avait i 9 ; *

Ainsi dans ces quatre mois il a grandi de cinq lignes et demie.

A treize ans et demi, c'est-à-dire, le 11 octobre 1772, il avait 4 10 7

Il avait donc grandi dans ces six mois d'un pouce deux lignes et demie.

A quatorze ans , c'est-à-dire , le 11 avril 1773 , il avait 5 » t

Il avait donc grandi dans ces six mois d'un pouce sept lignes.

A quatorze ans six mois dix jours , c'est-à-dire , le 21 octobre 1773 . il avait. 5 2k

Et par conséquent il a grandi dans ces six mois dix jours de deux pouces

quatre lignes.

A ijiiiiizeans deux jours , c'est-à-dire, le 13 avril 1771, il avait 5 4 8

Il a donc grandi dans ces cinq mois dix-huit jours de deux pouces deux

lignes.

A. quinze ans six mois huit jours, c'est-à-dire, le 19 octobre 1774, il avait. .557 Il n'a donc grandi dans ces six mois six jours que de onze lignes,

A seize ans trois mois huit jours, c'est-à-dire, le 19 juillet 1775, il avait. ..5 7 >. ^ 11 a donc grandi dans ces neuf mois d'un pouce cinq lignes et demie.

A seize ans six mois six jours, c'est-à-dire, le 17 octobre 1775, il avait. 5 t y

Il a donc grandi dans ces deux mois vingt-huit jours de huit Ligm s et demi,-.

A dix-sept ans deux jours, c'est-à-dire, le 13 avril 1776, il avait 5 s 2

Il n'avait donc grandi dans ces six mois deux jours nue de Cinq lignes.

A dix-sept ans un mois neuf jours, c'est-à-dire, le 20 mai 1776, il avait 5 s 5^

Il avait doue grandi dans un mois sept jours de trois lignes trois quai ts. A dix-sept ans cinq mois cinq jours , c'est-à-dire, le 1G septembre 1776, il

avait 5 S 10-j-

lavaitdonc grandi dans ces trois mois vingt-six jours de quatre lignes un

quart.

A dix-sept ans sept mois et quatre jours, c'est-à-dire, le 11 novembre 1776,

il avait 5 9 »

Toujours mesuré pieds nus et de la même manière, et il n'a par conséquent grandi dans ces di ux derniers mois que d'une ligne et demie.

Depuis ce temps, c'est-à-dire depuis quatre mois et demi, la (aille de ce grand jeune homme est , pour ainsi dire , stationna ire, et M son père a remarque que pour peu qu'il ail voyagé, couru, danse la veille du jour OÙ l'on prend sa mesure, il est au-dessous des

neuf pouces le lendemain matin; cette mesure se prend toujours avec la même toise, la même équerre el par la même personne. Lé 30 janvier dernier, après avoir passé toute la nuit au bal , il avail perdu dix-huit bonnes lignes; il n'avait dans ce moment •pie cinq pieds sept polices six lignes faibles; diminution bien considérable que néanmoins ringl quatre heures de repus ont rétabliei

Il paraît, en comparant l'accroissement pendant les semestres d'été à celui des semestres d'hiver, que jusqu'à l'âge de cinq ans, la somme moyenne de l'accroissemeut pendant l'hiver est égale à la somme de l'accroissement pendant l'été.

Mais en comparant l'accroissement pendant les semestres d'été à l'accroissement des semestres d'hiver, depuis l'âge de cinq ans jusqu'à dix, on trouve une très-grande différence, car la somme moyenne des accroissements pendant l'été est de sept pouces une ligne, tandis que la somme des accroissements pendant l'hiver n'est que de quatre pouces une ligue et demie.

Et lorsque l'on compare, dans les années suivantes, l'accroissement pendant l'hiver à celui de l'été, la différence devient moins grande; mais il me semble néanmoins qu'on peut conclure de cette observation que l'accroissement du corps est bien plus prompt en été qu'en hiver, et que la chaleur, qui agit généralement sur le développement de tous les êtres organisés, influe considérablement sur l'accroissement du corps humain. Il serait à désirer que plusieurs personnes prissent la peine de faire une table pareille à celle-ci sur l'accroissement de quelques-uns de leurs enfants. On en pourrait déduire des conséquences que je ne crois pas devoir hasarder d'après ce seul exemple ; il m'a été fourni par M. Gueneau de Montbeillard , qui s'est donné le plaisir de prendre toutes ces mesures sur son fils.

On a vu des exemples d'un accroissement très-prompt dans quelques individus ; l'Histoire de l'Académie fait mention d'un enfant des environs de Falaise en Normandie qui, n'étant pas plus gros ni plus grand qu'un enfant ordinaire en naissant, avait grandi d'un demi-pied chaque année, jusqu'à l'âge de quatre ans où il était parvenu à trois pieds et demi de hauteur, et dans les trois années suivantes il avait encore grandi de quatorze pouces quatre lignes, en sorte qu'il avait, à l'âge de sept ans, quatre pieds huit pouces quatre lignes, étant sans souliers °. Mais cet accroissement si prompt dans le premier âge de cet enfant s'est ensuite ralenti ; car dans les trois années suivantes il n'a crû que de trois pouces deux lignes, en sorte qu'à l'âge de dix ans il n'avait que quatre pieds onze pouces six lignes, et dans les deux années suivantes il n'a crû que d'un pouce de plus; en sorte qu'à douze ans il avait en tout cinq pieds six lignes. Mais comme ce grand enfant était en même temps d'une force extraordinaire et qu'il avait des signes de puberté dès l'âge de cinq à six ans, on pourrait présumer qu'ayant abusé des forces prématurées de son tempérament, son accroissement s'était ralenti par cette cause b.

Un autre exemple d'un très-prompt accroissement est celui d'un enfant né en Angleterre, et dont il est parlé dans les Transactions philosophiques, n° 475, art. n.

Cet enfant, âgé de deux ans et dix mois, avait trois pieds huit pouces et demi.

A trois ans un mois, c'est-à-dire trois mois après, il avait trois pieds onze pouces.

Il pesait alors quatre stones, c'est-à-dire 50 livres.

Le père et la mère étaient de taille commune , et l'enfant, quand il vint au monde, n'avait rien d'extraordinaire : seulement les parties de la génération étaient d'une grandeur remarquable. A trois ans la verge en repos avait trois pouces de longueur, et en action quatre pouces trois dixièmes, et toutes les parties de la génération étaient accompagnées d'un poil épais et frisé.

A cet âge de trois ans il avait la voix mâle, l'intelligence d'un enfant de cinq à six ans, et il battait et terrassait ceux de neuf ou dix ans.

H eût été à désirer qu'on eût suivi plus loin l'accroissement de cet enfant si précoce, mais je n'ai rien trouvé de plus à ce sujet dans les Transactions philosophiques.

Pline parle d'uu enfant de deux ans qui avait trois coudées, cest-à-dire quatre pieds

o. Histoire de l'Académie des Sciences , année 1736, p. 55. b Ibid. année 17 il , p. 21.

et demi; cet eufant marchait lentement , il était encore sans raison, quoiqu'il fut déjà pubère, avec une voix mâle et forte; il mourut tout à coup à l'âge de trois ans par une contraction convulsive de tous ses membres. Pline ajoute avoir vu lui-même un accroissement à peu près pareil dans le fils de Corneille Tacite, chevalier romain, à l'exception de la puberté qui lui manquait, et il semble que ces individus précoces fussent plus coin muns autrefois qu'ils ne le sont aujourd'hui , car Pline dit expressément que les Grecs les appelaient ectrapelos, mais qu'ils n'ont point de nom dans la langue latine. Pline , lib. vu, cap. 10.

A L'AHTICLE DE LA l'LBERTÉ, PAGE 27.

Dans l'histoire de la nature entière, rien ne nous touche de plus près que l'histoire de l'homme, et dans cette histoire physique de l'homme, rien n'est plus agréable et plus piquant que le tableau fidèle de ces premiers moments où l'homme se peut dire homme. L'âge de la première et de la seconde enfance d'abord ne nous présente qu'un état de misère qui demande toute espèce de secours, et ensuite un état de faiblesse qu'il faut soutenir par des soins continuels. Tant pour l'esprit que pour le corps , l'enfant n'est rien ou n'est que peu de chose jusqu'à l'âge de puberté; mais cet âge est l'aurore de nos premiers beaux jours, c'est le moment où toutes les facultés, tant corporelles qu'intellectuelles, commencent à entrer en plein exercice; où les organes ayant acquis tout leur développement, le sentiment s'épanouit comme une belle fleur qui bientôt doit produire le fruit précieux de la raison. En ne considérant ici que le corps et les sens, l'existence de l'homme ne nous paraîtra complète que quand il peut la communiquer; jusqu'alors sa vie n'est pour ainsi dire qu'une végétation, il n'a que ce qu'il faut pour être et pour croître , toutes les puissances intérieures de son corps se réduisent à sa nutrition et à son développement; les principes de vie qui consistent dans les molécules organiques vivantes qu'il tire des aliments ne sont employés qu'à maintenir la nutrition, et sont tous absorbés par l'accroissement du moule qui s'étend dans toutes ses dimensions; mais lorsque cet accroissement du corps esl à peu près à son point, ces mêmes molécules organiques vivantes, qui ne sont plus employées à l'extension du moule, forment une surabondance de vie qui doit se répandre au dehors pour se communiquer : le vœu de la nature n'est pas de renfermer notre existence en nous-mêmes; par la même loi qu'elle a soumis tous les êtres à la mort, elle les a consolés par la faculté de se reproduire; elle veut donc que cette surabondance de matière vivante se répande et soit employée à de nouvelles vies, et quand on s'obstine à contrarier la nature, il en arrive

souvenl de funestes effets, donl il est bon de donner quelques exemples. Extrait d'un mémoire adressé à ME. de Buffon par M."-, le l" octobre t/7i.

le naquis de parents jeunes el robustes; je passai du sein de nia mère entre ses

• bras pour y être nourri de Bon lail ; nus organes et mes membres se développèrent rapidement, je n'éprouvai aucune des maladies de l'enfance, .l'avais de la facilité pour apprendre el beaucoup d'acquis pour i fige v peine avais-je onze ans que la force

« et la maturité précoce de mon tempérameni me tirent sentir vivement les aiguillons

'I une passion qui communément ne se déclare que plus lard Sans doute je me serais

livré dès lors au plaisir qui m'entraînait; mais prémuoi par les leçons de mes parents

qu • destinaient à l'étal ecclésiastique, envisageant ces plaisirs comme des crimes,

je me contins rigoureuse ni, eu avouant net insà mon père que l'étal ecclésias-

i tique n était poinl ma vocation ; mais il fui sourd a mes représentations, el il fortifia

« ses vues par le choix d'un directeur, dont l'unique occupation e'tait de former de <: jeunes ecclésiastiques, il me remit entre ses mains ; je ne lui laissai pas ignorer l'ope position que je me sentais pour la coutinence; il me persuada que je n'en aurais que « plus de mérite, et je fis de bonne foi le vœu de n'y jamais manquer. Je m'efforçais « de chasser les idées contraires et d'étouffer mes désirs : je ne me permettais aucun « mouvement qui eût trait à l'inclination de la nature; je captivai mes regards et ne les •< portai jamais sur une personne du sexe; j'imposai la même loi à mes autres sens; « cependant le besoin de la nature se faisait sentir si vivement que je faisais des efforts « incroyables pour y résister, et de cette opposition, de ce combat intérieur, il résul- « tait une stupeur, une espèce d'agonie qui me rendait semblable à un automate , et « m'ôtait jusqu'à la faculté de penser. La nature, autrefois si riante à mes yeux, ne

■ m'offrait plus que des objets tristes et lugubres ; cette tristesse, dans laquelle je vivais, « éteignit en moi le désir de m'instruire, et je parvins stupidement à l'âge auquel il fut « question de se décider pour la prêtrise : cet état n'exigeant pas de moi une pratique « de la continence plus parfaite que celle que j'avais déjà observée, je me rendis aux « pieds des autels avec cette pesanteur qui accompagnait toutes mes actions ; après mon « vœu , je me crus néanmoins lié plus étroitement à celui de chasteté, et à l'observance « de ce vœu auquel je n'avais ci-devant été obligé que comme simple chrétien. Il y « avait une chose qui m'avait fait toujours beaucoup de peine ; l'attention avec laquelle " je veillais sur moi pendant le jour empêchait les images obscènes de faire sur mon « imagination une impression assez vive et assez longue pour émouvoir les organes de « la génération au point de procurer l'évacuation de l'humeur séminale; mais pendant « le sommeil la nature obtenait son soulagement, ce qui me paraissait un désordre qui « m'affligeait vivement, parce que je craignais qu'il n'y eût de ma faute, en sorte que je « diminuai considérablement ma nourriture; je redoublai surtout mon attention et ma « vigilance sur moi-même, au point que pendant le sommeil, la moindre disposition « qui tendait à ce désordre m'éveillait sur-le-champ, et je l'évitais en me levant en " sursaut. II y avait un mois que je vivais dans ce redoublement d'attention , et j'étais « dans la trente-deuxième année de mon âge, lorsque tout à coup cette continence forcée « porta dans tous mes sens une sensibilité ou plutôt une irritation que je n'avais jamais » éprouvée : étant allé dans une maison , je portai mes regards sur deux personnes du « sexe qui firent sur mes yeux et de là dans mon imagination une si forte impression " qu'elles me parurent vivement enluminées et resplendissantes d'un feu semblable à « des étincelles électriques; une troisième femme, qui était auprès des deux autres, ne « me fit aucun effet, et j'en dirai ci-après la raison ; je la voyais telle qu'elle était, c'est- « à-dire sans apparence d'étincelles ni de feu. Je me retirai brusquement, croyant que « cette apparence était un prestige du démon ; dans le reste de la journée, mes regards « ayant rencontré quelques autres personnes du sexe, j'eus les mêmes illusions. Le » lendemain je vis dans la campagne des femmes qui me causèrent les mêmes impres- « sions, et lorsque je fus arrivé à la ville, voulant me rafraîchir à l'auberge, le vin, le « pain et tous les autres objets me paraissaient troubles et même dans une situation

■ renversée. Le jour suivant, environ une demi-heure après le repas, je sentis tout à coup - dans tous mes membres une contraction et une tension violentes , accompagnées d'un « mouvement affreux et convulsif, semblable à celui dont sont suivies les attaques

d'épilepsie les plus violentes. A cet état convulsif succéda le délire; la saignée ne • m'apporta aucun soulagement; les bains froids ne me calmèrent que pour un instant: « dès que la chaleur fut revenue, mon imagination fut assaillie par une foule d'images o obscènes que lui suggérait le besoin de la nature. Cet état de délire convulsif dura « plusieurs jours, et mon imagination toujours occupée de ces mêmes objets , auxquels « se mêlèrent des chimères de toute espèce, et surtout des fureurs guerrières, dans les-

• quelles je pris les quatre colonnes de mon lit, dont je ne fis qu'un paquet, et en lançai « une avec tant de force contre la porte de nia chambre, que je la fis sortir des gonds ;

• mes parents m'enchaînèrent les mains et me lièrent le corps. La vue de mes chaînes, « qui étaient de fer, fit une impression si forte sur mon imagination que je restai plus « de quinze jours sans pouvoir fixer mes regards sur aucune pièce de fer sans une « extrême horreur. Au bout de quinze jours, comme je paraissais plus tranquille , ou •• me délivra de mes chaînes, et j'eus ensuite un sommeil assez calme, mais qui fui « suivi d'un accès de délire aussi violent que les précédents. Je sortis de mon lit brusquement, et j'avais déjà traversé les cours et le jardin, lorsque des gens accourus

« vinrent me saisir ; je me laissai ramener sans grande résistance; mon imagination était,

« dans ce moment et les jours suivants, si fort exaltée, que je dessinais des plans et des

mpartiments sur le sol de ma chambre; j'avais le coup d'oeil si juste et la main si

ssurée, que sans aucun instrument je les traçais avec une justesse étonnante; nu s

parents cl d'autres gens simples, étonnés de me voir un talent que je n'avais jamais

« cultivé, et d'ailleurs ayant vu beaucoup d'autres singularités dans le cours de ma

< maladie, s'imaginèrent qu'il y avait dans tout cela du sortilège, et en conséquence ils

« firent venir des charlatans de toute espèce pour me guérir; mais je les reçus fort

« mal , car quoiqu'il y eût toujours chez moi de l'aliénation , mou esprit et mon carac-

« tère avaient déjà pris une tournure différente de celle que m'avait donnée ma triste

« éducation. Je n'étais plus d'humeur à croire les fadaises dont j'avais été infatué; je

• tombai donc impétueusement sur ces guérisseurs de sorciers et je les mis en fuite. « J'eus en conséquence plusieurs accès de fureur guerrière dans lesquelles j'imaginai

i ire successivement Achille, César et Henri IV. J'exprimais pannes paroles et palmes gestes leurs caractères , leur maintien et leurs principales opérations de guerre ,

• au point que tous les gens qui m'environnaient en étaient stupéfiés.

« Peu de temps après je déclarai que je voulais me marier; il me semblait voir devant moi des femmes de toutes les nations et de toutes les couleurs : des blanches, des

■ rouges, des jaunes, des vertes, des basanées, etc., quoique je n'eusse jamais su qu'il j eut des femmes d'autres couleurs que des blanches et des noires; mais j'ai depuis reconnu, a ce trait et à plusieurs autres, que par le genre de maladie que j'avais, mes esprits exaltés au suprême degré, il se faisait une secrète transmutation d'eux aux

- corps qui étaient dans la nature, ou de ceux-ci à moi, qui semblait me faire deviner i . qu'elle avait de secret; ou peut-être que mon imagination, dans son extrême acti-

• vite, ne laissant aucune image à parcourir, devait rencontrer tout ce qu'il y a dans la « nature, et c'est ce qui , je pense , aura fait attribuer aux fous le don de la devination.

Quoi qu'il en soit, le besoin de la nature pressant, et n'étant plus, comme auparavant,

■ Combattu par mon opinion , je fus obligé d'opter entre toutes ces femmes; j'en choisis >■ d abord quelques-unes qui répondaient au nombre des différentes nations que j'ima- < ginais avoir vaincues dans mes accès de fureur guerrière; il me semblait devoir

épouser chacune de ces femmes selon les lois et les coutumes de sa nation: il y eu avaii une que je regardais comme la reine de toutes les autres; c'était une jeune demoiselle que j'avais vue quatre jours avant le commencement de ma maladie; j'en étais dans ce moment éperdument amoureux , j'exprimais mes désirs tout haut de la

« manière la plus vive et la plus énergique ; je n'avais ci pendant jamais lu aucun roman

d imour, de ma \ î<- je n'avais fait aucune caresse ni même donné un baiser à une

femme ; je parlais néanmoins trcs-iiidcccinineiit de mou amour a tout le inonde, s.ins

-'•i ;i mon état de prêtre : j'étais fort gurpi is de ce que mes parents blâmaient mes

propos et condamnaient mon inclination t a Bommeil assez tranquille Buivit cet étal

de crise amoureuse, pendant laquelle je n'avais Benti que du plaisir, el après ce sorn»

« tneil revinrent le sens el la raison. Réfléchissant alors sur la cause de ma maladie, je

« vis clairement qu'elle avait été causée par la surabondance et la rétention forcée de « l'humeur séminale, et voici les réflexions que je fis sur le changement subit de mon » caractère et de toutes mes pensées.

« 1° Une bonne nature et un excellent tempérament, toujours contredits dans leurs •• inclinations et refusés à leurs besoins, durent s'aigrir et s'indisposer, d'où il arriva « que mon caractère, naturellement porté à la joie et à la gaieté, se tourna au chagrin « et à la tristesse, qui couvrirent mon âme, d'épaisses ténèbres, et, engourdissant toutes >■• ses facultés d'un froid mortel , étouffèrent les germes des talents que j'avais senti « pointer dans ma première jeunesse, dont j'ai du depuis retrouver les traces, mais, " bêlas ! presque effacées faute de culture.

« 2" J'aurais eu bien plus tôt la maladie différée à l'âge de trente-deux ans, si la nature •< et mon tempérament n'eussent été souvent et comme périodiquement soulagés par « l'évacuation de l'humeur séminale procurée par l'illusion et les songes de la nuit ; en « effet, ces sortes d'évacuations étaient toujours précédées d'une pesanteur de corps et

* d'esprit, d'une tristesse et d'un abattement qui m'inspiraient une espèce de fureur, « qui approchait du désespoir d'Origène, car j'avais été tenté mille fois de me faire la « même opération.

« 3° Ayant redoublé mes soins et ma vigilance pour éviter l'unique soulagement que « se procurait furtivement !a nature, l'humeur séminale dut augmenter et s'échauffer, « et, d'après cette abondance et effervescence, se porter aux yeux qui sont le siège et « les interprètes des passions, surtout de l'amour, comme on le voit dans les animaux, « dont les yeux , dans l'acte , deviennent étincelants. L'humeur séminale dut produire « le même effet dans les miens, et les parties de feu dont elle était pleine, portant « vivement contre la vitre de mes yeux , durent y exciter un mouvement violent et « rapide, semblable à celui qu'excite la machine électrique, d'où il dut résulter le même « effet et les objets me paraître enflammés, non pas tous indifféremment, mais ceux « qui avaient rapport avec mes dispositions particulières, ceux de qui émanaient cer- « tains corpuscules qui , formant une continuité entre eux et moi , nous mettaient dans « une espèce de contact ; d'où il arriva que des trois premières femmes que je vis toutes « trois ensemble, il n'y en eut que deux qui firent sur moi cette impression singulière, « et c'est parce que la troisième était enceinte qu'elle ne me donna point de désirs, et <■• que je ne la vis que telle qu'elle était.

« 4° L'humeur devenant de jour en jour plus abondante, et ne trouvant point d'issue, « par la résolution constante où j'étais de garder la continence, porta tout d'uu coup à « la tête, et y causa le délire suivi de convulsions.

« On comprendra aisément que cette même humeur trop abondante, jointe à une « excellente organisation, devait exalter mon imagination ; toute ma vie n'avait éti qu'un « effort vers la vertu de la chasteté; la passion de l'amour, qui d'après mes disposi- « tions naturelles aurait dû se faire sentir la première, fut la dernière à me conquérir ; « ce n'est pas qu'elle n'eût formé la première de violentes attaques contre mon âme; « mais mon état , toujours présent à ma mémoire , faisait que je la regardais avec hor- « reur, et ce ne fut que quand j'eus entièrement oublié mon état, et au bout des six

• mois que dura ma maladie, que je me livrai à cette passion, et que je ne repoussai « pas les images qui pouvaient la satisfaire.

« Au reste, je ne me flatte pas d'avoir donné une idée juste, ni un détail exact de « l'excès et de la multiplicité des maux et des douleurs qu'a soufferts en moi la nature « dans le cours de ma malheureuse jeunesse, ni même dans cette dernière crise; j'en « ai rapporté fidèlement les traits principaux; et après cette étonnante maladie, me « considérant moi-même, je ne vis qu'un triste et infortuné mortel, honteux et confus « de son état, mis entre le marteau et l'enclume, en opposition avec les devoirs de

religion et la nécessité de nature; menacé de maladie s'il refusait celle-ci , de honte •< et d'ignominie s'il abandonnait celui-là : affreuse alternative! Aussi fus-je tenté de

maudire le jour qui m'avait rendu la lumière; plus d'une fois je m'écriai avec Job : « Lux cur data misero ! »

Je termine ici l'extrait de ce mémoire de M.*** , qui m'est venu voir de fort loin pour m'en certifier les faits; c'est un homme bien fait , très-vigoureux de corps et en même temps spirituel , honnête et très-religieux ; je ne puis donc douter de sa véracité. J'ai vu sous mes yeux l'exemple d'un autre ecclésiastique qui, désespéré de manquer trop ouvent aux devoirs de son état, s'est fait lui-même l'opération d'Origène La rétention trop longue de la liqueur séminale peut donc causer de grands maux d'esprit et de corps, la démence et l'épilepsie; car la maladie de M. *** n'était qu'un délire épileptique qui a duré .six mois. La plupart des animaux entrent en fureur dans le temps du rut . ou tombent en convulsion lorsqu'ils ne peuvent satisfaire ce besoin de nature ; les perroquets, les serins, les bouvreuils et plusieurs autres oiseaux éprouvent tous les effets d'une véritable épilepsie lorsqu'ils sont privés de leurs femelles. On a souvent remarqué dans les serins que c'est au moment qu'ils chantent le plus fort. Or, comme je l'ai dit «, le chant e»t dans les oiseaux l'expression vive du sentiment d'amour; un serin séparé de sa femelle, qui la voit sans pouvoir l'approcher, ne cesse de chanter, et tombe enfin tout à coup faute de jouissance ou plutôt de l'émission de cette liqueur de vie, dont la nature ne veut pas qu'on renferme la surabondance, et qu'au contraire elle a destinée à se répandre au dehors , et passer de corps en corps.

Mais ce n'est que dans la force de l'âge et pour les hommes vigoureux que cette évacuation est absolument nécessaire; elle n'est même salutaire qu'aux hommes qui savent se modérer; pour peu qu'on se trompe en prenant ses désirs pour des besoins, il résulte plus de mal de la jouissance que de la privation : on a peut-être mille exemples de gens perdus par les excès, pour un seul malade de continence. Dans le commun des hommes, dès que l'on a passé cinquante-cinq ou soixante ans, on peut garder en conscience et sans grand tourment cette liqueur, qui, quoique aussi abondante, est bien moins provocante que dans la jeunesse; c'est même un baume pour l'âge avancé; nous finis à tous égards comme nous avons commencé. L'on sait que dans l'enfance, et jusqu'à la pleine puberté, il y a de l'érection sans aucune émission; la même chose se trouve dans la vieillesse, l'érection se fait encore sentir assez longtemps après que le besoin de l'évacuation a cessé, et rien ne fait plus de mal aux vieillards que de se laisser tromper par ce premier signe qui ne devrait pas leur en imposer, car il n'est jamais aussi plein ni aussi parlait que dans la jeunesse, il ne dure que peu de minutes, il n'est point accompagné de ces aiguillons de la chair, qui seuls nous font sentir le vrai besoin de nature dans la vigueur de l'âge ; ce n'est ni le toucher ni la vue qu'on est le plus pressé de satisfaire, c'est un sens différent, un sens intérieur et particulier bien éloigné du Siège des autres sens , par lequel la chair se sent vivante, non-si uleinent dans les parlies de la génération , mais dans toutes celles qui les avoisinent : des que ce sentiment u'existe plus, la chair est morte au plaisir, et la continence est plus salutaire que nuibible.

c. Histoire naturelle des oiseaux , t. I. Discours sur la nature des oiseaux.

ADDITION a l'article de la description de l'homme, PAGES 66 ET 67. I. — Hommes d'une grosseur extraordinaire.

II se trouve quelquefois des hommes d'une grosseur extraordinaire : l'Angleterre nous en fournit plusieurs exemples. Dans un voyage que le roi Georges II fit en 1724 pour visiter quelques-unes de ses provinces , on lui présenta un homme du comté de Lincoln, qui pesait cinq cent quatre-vingt-trois livres poids de marc; la circonférence de son corps était de dix pieds anglais, et sa hauteur de six pieds quatre pouces -, il mangeait dix-huit livres de bœuf par jour ; il est mort avant l'âge de vingt-neuf ans, et il a laissé sept enfants «.

Dans l'année 1750, le 10 novembre, un Anglais nommé Edouard Brimht, marchand, mourut âgé de vingt-neuf ans à Malder en Essex; il pesait six cent neuf livres poids anglais, et cinq cent cinquante-sept livres poids de Nuremberg ; sa grosseur était si prodigieuse, que sept personnes d'une taille médiocre pouvaient tenir ensemble dans son habit et le boutonner * .

Un exemple encore plus récent est celui qui est rapporté dans la Gazette anglaise du 24 juin 177b, dont voici l'extrait :

« M. Sponer est mort dans la province deWarwick. On le regardait comme l'homme « le plus gros d'Angleterre, car quatre ou cinq semaines avant sa mort il pesait qua- « rante slones neuf livres (c'est-à-dire, G49 livres) ; il était âgé de cinquante-sept ans, « et il n'avait pas pu se promener à pied depuis plusieurs années; mais il prenait l'air « dans une charrette aussi légère qu'il était pesant, attelée d'un bon cheval ; mesuré « après sa mort, sa largeur d'une épaule à l'autre était de quatre pieds trois pouces : il <> a été amené au cimetière dans sa charrette de promenade. On fit le cercueil beaucoup « trop long, à dessein de donner assez de place aux personnes qui devaient porter le « corps , de la charrette à l'église, et de là à la fosse. Treize hommes portaient ce corps, « six à chaque côté et un à l'extrémité. La graisse de cet homme sauva sa vie il y a « quelques années; il était à la foire d'Atherston, où s'étant querellé avec un juif, celui- « ci lui donna un coup de canif dans le ventre; mais la lame étant courte, ne lui « perça pas les boyaux, et même elle n'était pas assez longue pour passer au travers de « la graisse. »

On trouve encore dans les Transactions philosophiques, n° 479, art. 2, un exemple de deux frères, dont l'un pesait trente-cinq stones , c'est-à-dire quatre cent quatrevingt-dix livres , et l'autre trente-quatre stones, c'est-à-dire quatre cent soixante-seize livres, à quatorze livres le stone.

Nous n'avons pas d'exemples en France d'une grosseur aussi monstrueuse; je me suis informé des plus gros hommes, soit à Paris, soit en province, et jamais leur poids n'a été de plus de trois cent soixante, et tout au plus trois cent quatre-vingts livres, encore ces exemples sont-ils très-rares : le poids d'un homme de cinq pieds six pouces doit être de cent soixante à cent quatre-vingts livres; il est déjà gros s'il pèse deux cents livres, trop gros s'il en pèse deux cent trente , et beaucoup trop épais s'il pèse deux cent cinquante et au-dessus; le poids d'un homme de six pieds de hauteur doit être de deux cent vingt livres; il sera déjà gros, relativement à sa taille, s'il pèse deux

a. Voyez les Gazettes anglaises. Décembre 1724.

I. Lin». Natur. sysiem. Édit. allemande. Nuremberg, 1773, l«« Toi, p. 104, avec la figure de ce très-gros homme , pi. 2.

cent soixante, trop gros à deux cent quatre-vingts, énorme à trois cents et au-dessus. Et si l'on suit cette même proportion, un homme de six pieds et demi de hauteur peut peser deux cent quatre-vingt-dix livres sans paraître trop gros, et un géant de sept I ieds de grandeur doit pour être bien proportionné peser au moins trois cent chiquante livres ; un géant de sept pieds et demi, plus de quatre cent cinquante livres ; et enfin un géant de huit pieds doit peser cinq cent vingt ou cinq cent quarante livres, si la grosseur de son corps et de ses membres est dans les mêmes proportions que celles d'un homme bien fait.

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