LIVRE XL
l'Aurore cependant abandounoit les mers : Enée, à ses succès mêlant des soins amers, Des guerriers descendus dans les royaumes sombres Est pressé d'apaiser les héroïques ombres. Mais il veut avant tout, triomphateur pieux, Aux dieux qui l'ont fait vaincre offrir ses justes vœux. Par son ordre, en un lieu qui domine la plaine, S'élève sans rameaux l'énorme tronc d'un chêne : Là du fougueux Mézence, immolé par son bras, Il consacre l'image au grand dieu des combats; Il place du guerrier l'armure étincelante. Ses javelots brisés, son aigretle sanglante; A la gauche il suspend son large bouclier; Son glaive, dont l'ivoire enveloppe l'acier. Se rattache à son cou ; sa pesante cuirasse, De douze coups percée , en offre encor la trace ; Enfin ce tronc brillant, ce chêne tout armé, Paroît offrir aux yeux Mézence ranimé.
Le héros, qu'environne une nombreuse suite. De ces braves guerriers harangue ainsi l'élite ; « Courage , mes amis 1 de glorieux succès
900 <: Hostis araare, quid increpitas , mortemque rainaris? INullum in csede ncfas; née sic ad praelia veni, Nec tecmn meus hsec- pepigit milii fœdera Lausus. Unuiii hoc, per, si qua est victis venia hostibus, oro. Corpus huino paliare tegi. Scio aceiba ujcormn Circuinstare odia; hune, 010, défende furorcm. Et me consortem nati concède sepulcro. »
Hsc loquitur, juguloque haud inscius adcipit cnscm, Undantique auimam dilTundit in arma cruore.