FRAGMENTS
D'Ui\E ODE ADRESSÉE A LE FRANC DE POMPIGNAIS.
De Thémis autrefois soutenant la balance, Des fragiles mortels tu pesois les destins; Et le poids du crédit, celui de la puissance, Ne l'ont point fait pencher dans tes fidèles mains.
Vile adulation, ta lâche perfidie Trompe et séduit les grands avec dextérité; Le Franc, ce fut toi seul de qui la voix hardie Osa faire à ton roi parler la vérité '.
Du maître des humains lu nous peins la puissance » : Il parle, l'univers est sorti du chaos; Les cieux ont sous ses mains courbé leur voûte immense ; La terre au loin s'étend , la mer roule ses eaux.
Il comniande, et soudain de l'un à l'autre pôle, Et la terre et les mers et les cieux confondus , Par lui créés d'un mot, au son de sa parole, Dans l'antique chaos tombent , et ne sont plus.
Le luxe impérieux qui règne dans nos villes. En dégradant la terre, amène un goût pervers; Le riche l'abandonne à des âmes serviles ; Le poète orgueilleux lui refuse ses vers.
Tel on voit le Uerre, à l'ombre qui le cache, Ramper dans les forêts, et languir sans appui ; S'il rencontre le chêne, à son tronc il s'attache. Embrasse ses rameaux et s'élève avec lui ^.