‹ Œuvres complètes. Avec les notes de MM. Parseval-Grandmaison, de Féletz, de Choiseul-Gouffier, Aimé-Martin, Descuret, etcChapitre 364 sur 411 · AU MÊME · texte numérisé non relu

AU MÊME

Qui m'avoit envoyé des vers.

Les Grecs , ea courtois chevaliers ,

Dans leurs combats, s'il en faut croire

Ce qu'ont dit la fable et l'histoire,

Changeoient entre eux de boucliers ;

Ainsi de vers, d'eslime et de louange, Nos muses à l'envi font un heureux échange. Me défendre est bien noble, et vous louer bien doux.

Mais quelle distance entre nous !

Contre la censure rigide Lorsqu'en rivaux unis nous élevons la voix , Mon suffrage pour vous n'est qu'un foible pavois,

Et votre éloge est mon égide.

De votre jugement je tire vanité :

Oui, puisque je vous plais, je dois blesser l'envie; Et si Virgile est sûr de l'immorlalité, Tous deux vous m'assurez quelques instants de vie. Vous êtes mes garants; car, enfin, c'est beaucoup

D'être inspiré par le génie.

Et d'être guidé par le goût.

VERS

A l'auteur des Amours épiques*.

Chantre aimable, sur plus d'un ton Sous vos habiles doigts votre lyre résonne; Virgile, Homère, et le Tasse, et Milton, De leurs lauriers détachent un feston

* M. Parseval-Grandmaison , de l'Académie française.

Pour composer voire couronne.

Autrefois du brave Meninon,

Fabuleux enfant de l'Aurore,

Le simulacre harmonieux.

An gré de l'astre radieiLx

Par qui le monde se colore,

Rendoit un son mélodieux ; Vous, par un arl plus merveilleux encore, De six chantres divins, astres brillants des arts, Poêles de Roland , d'Achille et des Césars , Dont le Piude moderne et le vieux temps s'honore.

Vous rassemblez tous les rayons épars , El répétez les chants de leur lyre sonore.

Poursuivez, heureux Grandmaison!

Vers la célébrité courez d'un vol agile.

Je m'en souviens , daus ma jeune saison , Des amis indulgents, du surnom de Virgile, Sur la trompeuse foi de la terminaison , Grâce à la eonsonnance , honorèrent Delille ; Et j'étois fier alors de la comparaison. Le charme est dissipé; ce sobriquet sublime. Je vous le rends ; je le dus à la rime ,

Vous le devez à la raison.

A M. LE COMTE BELOZOSKJ.

Est-il bien vrai qu'au séjour des hivers De si brillantes fleurs sous vos mains sont écloses ? L'esprit fait les cUmats , l'esprit dicta vos vers ;

Dans nos jardins vous répandez des roses. Brillant comme l'été, doux comme le printemps.

Des chevaliers vous vantez le courage.

Vous chantez la beauté, les exploits éclatants;

Et, sage historien du temps, Vous mesurez sa course et bravez son outrage.

A M. DANLOUX,

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