‹ Œuvres complètes. Avec les notes de MM. Parseval-Grandmaison, de Féletz, de Choiseul-Gouffier, Aimé-Martin, Descuret, etcChapitre 44 sur 411 · LIBER H · texte numérisé non relu

LIBER H

"• I IIactenus arvorum cullus et sidéra cœli :

Nunc te, Bacche, canam, nec non silvestria tccura Virgulta, et proleni tarde cresccnlia oliva;.

Viens! tout répète ici ton nom et les louanges; Viens, Baechus! de tes dons ces coteaux sont couverts, L'Automne a sur son front tressé tes pampres verls ; Et déjà sur les bords de la cuve fumante S'élève en bouillonnant la vendange écumante : Descends de tes coteaux, mets bas ton brodequin. Et rougissons nos pieds dans des ruisseaux de vin.

Et toi ', de qui la main vint m'ouvrir la barrière, Mécène, souliens-moi dans ma longue carrière. Que d'autres de la fable empruntent les atours , Que leur umse s'égare en de vagues détours : Le vrai seul est mon but, et toi seul es mon guide. Sur la ileur des objels glissons d'un pas rapide : Pour tout approfondir, tout peindre dans mes vers , La nature est trop vaste , et tes moments trop chers.

Les arbres , de la terre agréable parure , Sortent diversement des mains de la nature. Les uns , sans implorer 2 des soins infructueux , Dans les champs , sur les bords des fleuves tortueux , Naissent indépendants de l'industrie humaine : Ainsi le souple osier se reproduit sans peine ; Tels sonl l'humble genêt, les saules demi-verls, Et ces blancs peupliers balancés dans les airs.

D'aulrcs furent semés ^ : ainsi croissent l'yeuse, Qui redouble des bois l'horreur religieuse ; Le châtaignier couvert de ses fruits épineux. Et le chêne, à Dodone interprèle des dieux.

Plusieurs sont entourés de rejetons sans nombre : Ainsi le cerisier 4 aime à voir sons son ombre S'élever ses enfants ; ainsi ces vieux ormeaux Sur leur jeune famille étendent leurs rameaux ; Et même le laurier, que le Pinde révère , Lève son front timide à l'abri de son père.

Tels, sans les soins de l'art 5, d'elle-même autrefois

Hue, pater o Lenaee! luis bic orania plena Muneribus; tibi panipinco gravidus auctumno Floret ager; spumat plenis vindemia labris : Hue , pater o Lenœe , veni ! nudataque niusto Tinge novo mccum dereptis crura cothurnis.

Tuque ades , incpptumque una decurre laborcra, 10 0 decus , o famae raerilo pars maxiraa nostrje, Maecenas! pelagoque volans da vêla patenli. Non ego cuncta mois amplecti versibus opto ; Non, uiibi si linguae centum sint, oraque centum, Ferrea vox. Ades, et primi lege lltoris orani. In manibus terrae. Non hic te carminé ficto, Atque per ambages et longa exorsa, tenebo.

Principio, arboribus varia est natura creandis : Namque alia; , nuUis hominum eogentibus, ipsœ Sponte sua veniunt , camposque et flumina late 20 Curva tenent, ut molle siler, lenta^que genistae, Populus , et glauca canentia fronde salicta.

Pars autera posito surgunt de semine, ut altae Castaneae, nemorumque Jovi qu» maxima frondet jEscuIus, atque habitae Gralis oracula quercus.

Pullulât ab radice aliis densissima silva; Ut cerasis ulmisque; ctiam Parnassia laiirus Parva sub ingenti malris se subjicit umbra.

Hos natura modos primum dédit; bis genus omne Silvarum fruticumquc virct nemorumque sacrorura. 2" Sunt alii, quos ipse via sibi repperit usus.

Page 1