‹ Œuvres complètes. Avec les notes de MM. Parseval-Grandmaison, de Féletz, de Choiseul-Gouffier, Aimé-Martin, Descuret, etcChapitre 52 sur 411 · I.a foiét s'en ébranle, el l'Olympe en gémit · texte numérisé non relu

I.a foiét s'en ébranle, el l'Olympe en gémit

Fais donc paitre la mère au soir ou des l'aurore,

Loisque de son hymen les fruits sonl près d'éclore.

Sont-ils nés.-* à tes soins ils ont droit à leur tour. Marque au front de cnacun quel sort l'attend un jour : Les uns sont du troupeau l'espérance certaine ; D'autres d'un soc tranchant déchireront la plaine; D'autres pour les autels de fleurs seront parés, Et le reste au hasard ^7 bondira dans les prés.

Ceux qu'on destine au soc, il faut dès leur jeune âge Discipliner au joug leur docile courage. Sur son cou libre encor, ton jeune nourrisson Porte un collier flottant pour première leçon : Lientôt deux compagnons , qu'un joug d'osier rassemble, Apprennent à marcher, à s'arrêter ensemble : Déjà même un char vide est par eux emporté, Ett^lisse sur l'arène avec agilité; Puis sous un lourd fardeau, qu'ils ébranlent à peine. Ils font crier la roue, et sillonnent la plaine.

Cependant, pour nourrir tes élèves naissants, Au feuillage du saule , au vert gazon des champs , A riierbe des marais joins la moisson nouvelle. De la mère autrefois on prcssoit la mamelle : Pasteur plus indulgent, laisse-la sans regret Pour ses tendres enfants épancher tout son lait.

Mais veux-tu près d'Élis dans des torrents de poudre

Bomanum est, œstron Graii vertere vocantes : Asper , acerba sonaus ; quo Inta extcrrita silvis

'So Diffugiunt armeuta; furit mugitibiis rcthcr Concussus, silvœque et sicci ripa Tanagri. Hoc quondam monstre horribilcs exercuit iras luachia; Jiino pestem mcditata juvcncae ; Hune qooque , nam raediis fervoribus acrior instat, Arccbis giavido pecori, aimentaque pasccs Sole recens orto, aut nocteui ducentibus aslris.

Post partum cura iu vitulos traducitur oinnis; Contiauoquc notas et uomina gentis inurunt; Et quos aut pecori malint submittere habcndo,

'6° Aut aris servare sacros , aut scindere terram , Et campuin horrentem fractis invertere glebis. Cfftera pascuntur virides armenta per herbas.

Tu quos ad studium atque usum f'ormabis agrestem, Jara vitulos horlare, viamque insiste domandi, Dum faciles animi juvenum, duin mobilis atas. Ac priraum laxos tenui de viiuine circlos Cervici subnecte ; dehiuc , ubi libéra colla Servitio assuerint , ipsis e torquibus aptos Junge parcs, et coge gradura conferre juvencos;

•70 Atque illis jara ssepe rotae ducantur iuancs

Per terram , et sumrao vestigia pulvere signent : Post valido nitens sub pondère faginus axis Instrepat, et junctos terao trabat sereus orbes.

luterca pubi indomita; non gramiua tantum , Nec vescas salicum frondes , ulvamque palustrem , Sed frunicnta mauu carpes sata ; nec tibi klx ,

Guider un char plus prompt, plus brûlant que la foudre?

Veux-tu, dans les horreurs d'un choc tumultueux,

Régler d'un fier coursier les bonds impétueux ?

Accoutume son œil au spectacle des armes,

Et son oreille au bruit , el son cœur aux alarmes :

Qu'il entende déjà le clicpietis du frein ,

Le roulement des chars, les accents de l'airain;

Qu'au seul son de ta voix son alégresse éclate ;

Qu'il frémisse au doux bruit de la main qui le flatte.

Ainsi, de la mamelle à peine séparé, Ton élève à son art est déjà préparé : Déjà son front timide et sans expérience Vient aux premiers liens s'offrir sans défiance. Mais comple-t-il trois ans.^ bientôt mordant le frein, Il tourne, il caracole, il bondit sous ta main; Sur ses jarrets nerveux il retombe en mesure : Pour la rendre plus libre, on gêne son allure; Tout-à-coup il s'élance, et, plus prompt que l'éclair. Dans les champs effleures il court, vole, et fend l'air.

Tel le fougueux époux ^^ de la jeune Orylhie Vole el disperse au loin les frimas de Scylhie , Fait frémir mollement les vagues des moissons, Balance les forêts sur la cime des monts. Chasse et poursuit les flots de l'océan qui gronde , Et balaie en fuyant les airs , la terre , et l'onde.

Un jour tu le verras , ce coursier généreux , Ensanglanter son mors et vaincre dans nos jeux ; Ou 29, plus utile encor dans les champs de la guerre, Sous de rapides chars faire gémir la terre.

Ne l'engraisse 3° sur-tout qu'après l'avoir dompté ; Autrement son orgueil jamais n'est surmonté : Il se dresse en fureur sous le fouet qui le touche,

More patrum , nivea implebunt mulctralia vaccae; Sed tota in dulces consument ubcra natos.

Sin ad bella magis studium, turmasque féroces,

'6° Aut Alphaea rôtis pr:elabi flumiua Pisae, Et Jovis in luco currus agitare volantes : Primus equi labor est , animos atque arma videre Bellantum , lituosque pati, traeluque gcmenlera Ferre rotam, et stabulo frenos audire sonautes; Tum magis atque magis blandis gaudere magistri Laudibus , et plausœ sonitum cervicis amare.

Atque baec jam primo depulsus ab ubere raatris Audeat , inque vicem det mollibus ora capistris Invalidus , etiamque tremeus , etiam inscius aevi.

19° At, tribus exactis, ubi quarta accessent aestas , Carpere mox gyrum incipiat, gradibusque sonare Compositis, sinuetque alterna volumina crurum, Sitque laboranti similis ; tum cureibus auras , Tum vocet , ac per aperta volans , ccu liber babcnis , jEquora , vix summa vestigia ponat aiena.

Qualis byperboreis Aquilo quum densus ab oris Incubuit, Scythiaeque bicmcs atque arida differt Nubila; tum segetes altœ campique natantes Lenibns borresciint flabris, summaeque sonorera

200 Dant silvte , longique urgent ad iittora fluctus : llle volât, simul arva fuga, simul .-equora verrens.

Hic vel ad Elei mctas et maxima campi Sudabit spalia , el spumas agcf ore cruentas ; Bclgica vel molli melius ferct csseda collo. Tum dcmum crassa magnum farragiue corpus

LES GEORGIQUES

Et s'indigne du frein qui gourmande sa hoiidie.

Crains aussi , crains l'amour, dont la douce langueur Des troupeaux , quels qu'ils soient, énerve la vigueur : Que des fleuves profonds, qu'une haute montagne, Sépare le taureau de sa belle compagne ; Ou que, loin de ses yeux , dans l'étable caché, Près d'une ample pâture il demeure attaché.

Près d'elle il fond d'amour, il erre triste et sombre, Et néglige les eaux et la verdure et l'ombre. Souvent même, troublant l'empire des troupeaux, Une Hélène au combat entraîne deux rivaux. Tranquille, elle s'égare 3> en un gras pâturage : Ses superbes amants s'élancent pleins de rage; Tous deux, les yeux baissés et les regards brûlants, Entre-choquenI leurs fronts, se déchirent les flancs; De leur sang qui jaillit les ruisseaux les inondent; A leurs mugissements les vastes cieux répondent. Entre eux point de traité : dans de lointains déserts Le vaincu désolé va cacher ses revers, Va pleurer d'un rival la victoire insolente, La perle de sa gloire et sur-tout d'une amante; Et, vers ces bords chéris tournant encor les yeux. Abandonne l'empire où régnoient ses aïeux.

Mais l'amour le poursuit jusqu'en ces lieux sauvages. Là, dormant sur des rocs, nourri d'amers feuillages. Furieux, il s'exerce à venger ses affronts : De ses dards tortueux il attaque des troncs; Son front combat les vents , son pied frappe la plaine, Et sous ses bonds fougueux il fait voler l'arène. Mais c'en est fait; il part, et, bouillant de désirs, De l'orgueilleux vainqueur va troubler les plaisirs. Tel 32, par un pli léger ridant le sein de l'onde,

Crcscere jain domitis sinilo; nainquc antcdomanduin IngcDtes tollcnt animos, prcnsiqiie ncgabunt Vcfbera lenta pati , et duris parère hipatis. Scd nou uUa magis vires iiidustria firraat ,

ï'o Quara Vcnereiii et copci stiimilos avcitcre anioiis, Sive boum , sive est cui gratior iisus cquonim. Atque ideo tauros procul atqiie iq sola relcgaiit Pascua , post montera opposilum , et trans fjuraina iata; Aut intus claiisos satura ad pi\Tsepia servant.

Carpit enim vires paulatim , uritque videndo Femina, nec nemorum patitur meminisse nec herbée. Dulcibus illa quideni illecebris et sarpe supcrbos Cornibus inter se subigit decernere amantes. Pascitur in magna silva l'ormosa juvenca :

22° llli alternantes multa vi pra;lia miscent

Vulncribus crebris; lavit atcr corpora sanguis, Versaque in obnixos urgcntur cornua vasto Cum gemitu : reboant silvxquc et magniis Olympus. INec mes bellantes una stabularc; sed altcr Victus abit, longeque ignotis exsulat oris, Multa gcmens ignominiam plagasque supcrbi Vicions, tum , quos amisit inultus, amores; Et stabula adspcctans rcgnis cxcessit avilis. Ergo omni cura vires exercet, et inter

>3o Dura jacet pernix inslrato saxa cubiii, Frondibus hirsulis et cariée paslus acuta; Et tentât sese, alque irasci in cornua discit Arboris obnixus trunco , venlosque laeessit Ictibus, et sparsa ad pugnam proludit arena

Un flot de loin Ijlanchlt, s'alonge, s'enfle et gronde: Soudain le mont liquide, élevé dans les airs. Retombe ; un noir limon bouillonne sur les mers.

Amour, tout sent les feux , tout se livre à la rage; Tout, et l'homme qui pense, et la brute sauvage, Et le peuple des eaux, et l'haljitant des airs. Amour, tu fais rugir les monstres des déserts : Alors, battant ses flancs, la lionne inhumaine Quitte ses lionceaux et rôde dans la plaine; C'est alors que, brûlant pour d'informes appas, Le noir peuple des ours sème au loin le trépas; Alors le tigre affreux ravage la Libye : Malheur au voyageur errant dans la Nubie !

Si le coursier fougueux sent l'atlrait du plaisir. Voyez-vous tout son corps frissonner de désir ? Il ne sent plus le fouet, ne connoit plus les rênes; Il vole; il franchit tout, et les bois et les plaines, El les rocs menaçants, et les gouffres profonds, Et les torrents enflés par les débris des mouls. L'horrible sanglier se prépare à la guerre; Il aiguise sa dent , il lourmenle la terre : Contre un chêne ridé s'endurcit aux assauts. Hérisse tous ses crins, et fond sur ses rivaux. Que n'ose un jeune amant 33 qu'un feu brûlant dévore! L'insensé, pour jouir de l'objet qu'il adore, La nuit, au bruit des vents, aux lueurs de l'éclair. Seul traverse à la nage une orageuse mer; Il n'entend ni les cieux qui grondent sur sa lêle, Ni le bruit des rochers battus par la tempête. Ni ses tristes parents de douleur éperdus , Ni son amante, hélas! qui meurt s'il ne vil plus.

Vois combattre 34 le lynx, le chien, le cerf lui-même,

Post, ubi collcclura robur viresque refectœ. Signa raovet, pra'cepsque oblitura ferlur in hostem. Fluclus uti , mcdio cœpit quum albescere ponto Longius, ex alloque sinura trahit; ulque, volutus Ad terras , immane sonat pcr saxa , neque ipso

'•i" Monte luinor procumbit : al ima exsestuat unda Verlicibus, nigramque aile snbjectat arenam.

Omne adco genus in terris hominumque fcrarumquc, Et genus a'quoreum , pecudes , picticque volucres In furias igncmquc ruunt : araor omnibus idem. Tempore non alio catulorum oblila lescna Socvior erravit carapis; nec fiinera vulgo Tara multa informes ursi stragemque dedere Per silvas : tum saevus aper , tum pessima tigris. Heu, malc tum Libyœ solis crralur in agris!

250 IVonne vides , ut tota tremor pertentet equorura Corpora , si tantum notas odor atlulil auras ? Ac neque cosjam fraMia virum, neque verbera saeva, Non scopuli, rupesque cavœ, atque objecta retardant Fkmiina, correptos unda torquentia montes. Ipse ruil, denlesque Sabellicus exacuil sus, El pcde prosubigit tcrram, fricat arbore costas, Atque bine atque illine humeros ad vulnera durai. Quid juvenis, magnum cui versai in ossibus igné m Duras amor? Nempe abruplis turbala procellis

^fio Nocte natal cieca serus fréta : qucm super ingeaa Porta tonal cœli, et scopulis illisa reclamant jf^quora; nec miser: possunt revocare parentes, Nec raoritura super crudeli funere virgo.

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