‹ Œuvres complètes. Avec les notes de MM. Parseval-Grandmaison, de Féletz, de Choiseul-Gouffier, Aimé-Martin, Descuret, etcChapitre 72 sur 411 · EMPEREUR DE TODTES LES RUSSIE · texte numérisé non relu

EMPEREUR DE TODTES LES RUSSIE

Modèle heureux des potentats, Des législateurs et des sages , L'amour de vos sujets, l'orgueil de vos étals,

Agréez les nouveaux hommages D'un poëte déjà connu par vos hienfails. Qui loua rarement , et ne flatta jamais : D'un pénihle travail cet es{)oir me console.

Tel que l'aimant fidèle au pôle , Qui montre au nautonnier et sa route et le pori , Par un instinct secret dirigé vers le nord , A travers l'Océan , dans sa prison flottante Montre pour votre zone une amitié constante : Ainsi, par un attrait impérieux et doux. Des cœurs bien nés la boussole fidèle,

La reconnoissance m'appelle Vers vos climats , et se tourne vers vous.

Autrefois ma muse rusliqiie Vous présenta , de ses modestes mains , Des fruits de son clos poétique.

Et quelques fleurs de ses jardins :

Au lieu de ce tribut fragile.

Je vous offre aujourd'hui le l'aurier de Virgile ;

Non ce laurier profane et mensonger Que sur le Pausilype au crédule étranger L'intérêt vend, et que l'erreur achète; Mais le laurier dont ce fameux poëte Orna le front du second des Césars, Lorsque , vainqueur des discordes civiles , Il relevoit les temples et les villes, Ressuscitoil les lois et ranimoit les arts.

Du poëte romain téméraire interprèle.

J'écoulai trop mon audace indiscrète ; Mais peut-être un rayon de son feu créateur

Anima quelquefois son foible imitateur ;

Sous votre zone glaciale

Ainsi l'aurore boréale.

Quand le soleil absent diffère son retour Triomphe de la nuit, et console du jour.

Virgile, ignoré de nos belles.

Quelquefois de nos beaux esprits.

Dans des estampes infidèles Avoit perdu son brillant coloris :

Si de ses peintures vivantes J'ai conservé quelques louches savantes,

Que votre accueil en soit le prix !

Dans vos loisirs , si j'en dois croire Celte légère déité Qui, pour vous abjurant son infidélité, Déjà de vos vertus parle conune l'histoire, Vous cultivez les arts; et, dans le même temps Où vous dictez vos lois sur la terre et sur l'onde, A ces soins importants qui font le sort du monde Vous dérobez quelques inslanis, Pour les donner à la langue divine El de Corneille et de Racine. Un jour , si mon désir des dieux est avoué , Par- tout se répandra cette langue immortelle; Car le langage où vous êtes loué Doit devenir la langue universelle.

Si dans le Nord un Virgile nouveau Pour vous de l'épopée allume le flambeau , Il n'aura plus à peindre un prince déplorable 5

Roi fugitif d'un peuple misérable.

De malheurs en malhem-s jeté par les destins; Ni quelques barques vagabondes Au gré d'Éole errantes sur les ondes.

Et demandant un port à des climats lointains ;

Mais un grand peuple heureux dans sa pairie, Riche de vos vertus et de son industrie ;

Mais vos sujets et vos vaisseaux, Heureux instituteurs d'un monde encor barbare, Par le commerce le plus rare Et des échanges tout nouveaux, Portant des mœurs et des lois au Tarlare, Et rapportant ses grains et ses troupeaux.

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