ÉLOGE DE LA CAMPAGNE
A CATJLI^:.
Laissons , 6 mon ainaUe ami)e , L'habitant des citas, ea proie à ses désirs, S'agiter trislenient et tourmenteF sa vie , Pour se faire à grands frais d'insipides pbu3irS(. Les champs du vrai bonheur sont le riant asile: L'œil y voit sans regret naître et mourir le jour ) Leur silence convient à la vertu tranquille , Au noble esprit qui pense, et surtout à l'amour.
Dis-moi , quand sous l'épais ombrage Tous deux assis, mon bias autour de to^ passé , Nous entendons du ciel soudain fondre ifn louage % Et la pluie, à grand bruit, inoinder le feuillage Qui garantit ton front vainement menacé ; Quand, sous ua antve fnds que tapisse le lierre, D'un soleil accablant évitant la chaleur.
■ Quam juvet immites ifemios audire eubantem , Si domiimm tenero detimuisse sinu /
T1BC1.LB, ly I.
Faible, les yeux remplis d'une tendre langueur, Sans vouloir sommeiller tu fermes ta paupière, Et viens nonchalamment reposer sur mon cœur : Conçois- tu des momens plus heureux pour ma flamme ,
Et de plus douces voluptés?
Regretterons-nous, ô mon Âme, Le fracas, l'air impur et l'ennui des cités?
Soit qu'errant le matin dans ce verger fertile Dont les arbres touffus embarrassent tes pas , J'élève sur ta tête une branche indocile , Ou qu'en la ramenant, à tes doigts délicats J'offre, esclave attentif, un prix doux et facile; Soit que, le jour tombant, à nos travaux chéris
La cornemuse nous rappelle; Que dispersant les grains que ta robe i^cèle. Ta voix se fasse entendre aux oiseaux de Cypris ' , Ou que sur l'herbe enfin , plus touchante et plus belle, Rangeant autour de toi tes sujets favoris.
Un lait pur à grands flots entre tes doigts ruisselle. Heureux qui peut dormir à l'ombre des forêts , Et sentir près de soi l'pbjet de sa tendresse! Heureux qui, vers midi, par des détours secrets, Peut sur le bord des eaux égarer sa maîtresse! Si le ruisseau , roulant sur un lit de gravier. Présente à son amour, au milieu du bocage,
< Les pigeons que Catilie nourrissait.