A UNE FEMME. %6Z
Je périrais ' cent fois d*ennui De le voir protéger ma flamme, £t d'être , en lui soufflant sa femme , Encor remercié par lui.
Que cet homme me désespère !
Il n'est soupçonneux ni jaloux !
Monsieur, toujours paisible et doux , Me verrait , je crois , sans colère. . . .
Moi , Madame , en sachant voiis plaire , Je veux déplaire à votre époux.
Je veux , pour vous trouver plus belle , Et mes plaisirs cent fois plus courts, Que sa jalousie éternelle Se plaise à troubler nos amours^,
> Almanac)! de 1775 :
Je périrai
* Ce passage rappelle ce que dit avec élégance M. Garât, dans la Vie du chevalier de Bonnard , p. 45 : « C'était le moment où presque tous les « jeunes talens, et même ceux qui n'étaient plus jeunes , voulaient mériter « la gloire par des Bagatelles, par des Caprices, par des Fantaisies, et «semblaient croire que, pour se faire un nom immortel, il n*y avait « rien de tel que des poésies fugitives. Les poëtes n'étaient plus que des « petits-maîtres^ qui parlaient, en vers gais, des femmes qu'ils avaient « désolées, des con^^x qu'ils avaient donnés, et quelquefois même, pour m étonner par le merveilleux , de ceux qu'ils avaient reçus ; des maris qu'on « trompait pour les rendre heureux , et qu'on priait en grâce d'être un peu « plus jaloux que de coutume. »
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£t que pour mieux triompher d elle.
Un nouveau danger tous les jours M'inspire une ruse nouvelle.
Faut-il aller au rendez- vous?
Palpitant d'amour et de rage.
D'espoir, de crainte , et de courroux , J'aime à trouver sur mon passage Un large suisse et deux ver roux.
Alors que les faveurs sont chères !
Que les caresses ont de prix !
£t dans ces amoureux mystères, Si , par malheur, j'étais surpris?
Quand Y ulcain venait à paraître , On sait que des bras de Vénus , Mars en chemise, et les pieds nus.
Sautait gaiement par la fenêtre.