‹ Œuvres complètes: avec notes et variantesChapitre 22 sur 140 · LIVRE I · texte numérisé non relu

LIVRE I

Puissent les vents et la flamme céleste Vous engloutir sous vos marbres rompus !

Aiix tendîmes cœurs vous causez trop d'alarmes. Que d'amours vrais et de pudiques charmes.

Dans leur saison , vos eaux ont corrompus !

Sans vous, hélas! ma colombe timide, Mon Eucharis n'eût point trahi sa foi.

Elle a touché votre rive perfide : Ah ! c'en est fait ; elle n'est plus à moi.

ELEGIE XI

Ainsi, lorsque, plongé dans ma douleur mortelle,

Hier, en soupirant, j'appelais Eucharis %

Elle parut soudain : cr La voici , me dit-elle ,

<( Qui cherche son amant dans les murs de Paris. »

O dieux! qu'à son aspect mon âme fut ravie !

Je courus mè jeter dans ses bras amoureux ;

J'y demeurai long-temps * ; et, plein d'un trouble heureux,

Je la nommais^ mon tout , ma lumière, ma vie.

Je ne me lassais point de contempler ses yeux.

Les ombres cependant enveloppaient les cieux ; Eucharis , dans son char, me conduisit chez elle. O char propice , et toi , réduit délicieux *,

' Édition de 1780 :

Hier au soir, plongé dans ma douleur mortelle , Tandis qu'en soupirant j'appelais Eucharis.

^ Ibid,:

Je la baisai cent fois...

^ Nous avons pris la leçon de Tédition de 1 780. Il y a dans les autres : « Je la nommai. »

Eucharis, au grand trot, me conduisit chez elle, o fortuné boudoir, sopha délicieux !

Il a très-bien £ait d'e£Facer ces mots, au grtmd irot, beaucoup plus né-

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