LIVRE IL loi
Dans ce Tibur solitaire et champêtre Aux jeux, aux ris, aux plaisirs consacré; Dans ce vallon tant de fois célébré, Où maintenant vous m'appelez ' peut-être.
.Là, mes amis, au pied d'un jeune hêtre, D'une onde pure en tout temps abreuvé , Que mon tombeau soit çans pompe élevé ; Et que vos mains y prennent soin d'écrire Ces vers, qu'un jour, du haut du grand chemin, Le voyageur qui monte à Saint-Germain, Tout en courant s'empressera de lire^ :
<c Ci-git, hélas! un amant trop épris <c Des doux attraits d'une beauté cruelle ; « Tout son destin fîit d'aimer Eucharis , «c Et de mourir abandonné par elle*. »
< Édition de 1780:
.... TOUS m'oobUes . .. .
Bertin a changé cette première leçon, par politesse peut-être, et cédant aux reproches de ses amis; peut-être aussi, pour ne pas répéter une idée de Pamy, qui lui avait dit dans une lettre datée du Cap : « C'est là que je « t'écris, tandis que tu m'oublies peut-être dans Paris. »
Au reste la première leçon semble plus philosophique , et malheureusement plus vraie. « Mes amis, » {lit M. de L. « êtes-vous bien sûrs de « vous ressouvenir, dans du ans, du nom de tous vos amis? »
3 Quandocumque igilur vùam mea/ata reposcent, Ei brève m exiguo marmore nomen ero...
Si te forte meo ducet viaproxima husto,
Esseda eailatis siste Britanna j'ugis ^ TaUaque inlacrjinans mutœjaee ^verba/avUlœ:
« Huie iMserti fatum dura puellaftUt, »
Propcrcv, IX, f , Si.
loa LES AMOURS.
ELEGIE XIIL
Brisons cette lyre inutile :
Eucharis n'entend plus mes airs. Quittons les bois de Lucrétile ^ Et l'empire du dieu des vers.
Cherchez désormais qui vous chante, O mère des tendres Amours ^ !
Je perds l'illusion touchante Qui seule embellissùt mes jours.
Doux plaisirs, voluptés légères, Et vous, maîti*esses mensongères, Je vous dis adieu pour toujours.
Mon vaisseau , battu par l'orage , , A fui sous les flots écumans.
Par le péril rendu plus sage, J'abjure mes égaremens :
Je gagne le port à la nage , Et sur le sable du rivage
' Lucrétile est une montagne du pays des Sabins, de laqudle il est parlé dans les odes d'Hoitace.
* Quœre novum fvatem » Unerorum Mater Amorwn.
OviDi , Am.f m , i5.