LIVRE m. lai
Les vrais plaisirs aux champs ont fixé leur séjour ' : On y craint plus le$ dieux; on y fait mieux l'amour ^. L^Amour même, entoure de coursiers indociles, De troupeaux mugissans, dans un bocage est né. De myrte et de jasmin son berceau fut orné.
Le pressant dans leurs bras, les Nymphes trop faciles N'osaient point corriger un enfant obstiné, Qui déjà nuit et jour s'abreuvait de ses larmes^. C'est là qu'en grandissant il essaya ses armes. Ses premiers traits, dit-on, se perdaient au hasard ; Son arc et son carquois accablaient sa faiblesse. Ciel , qu'Amour a depuis profité dans cet art ! Je l'ai bien éprouvé. Malheur à ceux qu'il blesse! Malheur même aux amans qu'il daignerait flatter^!
qui a fourni le fond de ces images, emploie le mot vague rura, rare
Rurafinmt messes,., Rure levis ^vernojtorts apis ingerit alveo,,, Jtttiv puer 'vemo primum dejiore eoronam Fecit et antiquis imposuit iMribus,
I Ce n'est qu'aux champs qu'Amour est sans feintise.
FzRRAiro.
* f^ojes plus bas TéLêgie xxn.
3 Les éditeurs de l'an x et de x8a3 ont écrit « de leurs larmes. » J*ai représenté la leçon originale, bien que la pensée manque de netteté.
4 Ipse ùUerque grèges interque armenta Cupido
Natus et indomitas dicitur inter equas.
TlUc iadocto primum se exereuit arcu,
Bei mUù! quam doctas nunc habet ilie manus /... Ah / misen quos Aie graviter deus urget / at ille
Félix f euipiaddus letùter àfflat AmorI
TiBULLE, xt, T.
laa LES AMOURS.
C'est quand TAmour sourit qu il est à redouter. N'importe! saisissons ses faveurs passagères; Hâtoi)s*nous de jouir; caressons nos bergères; Livronsrnous à leur foi, mais sans trop y compter.