LIVRE I
ELEGIE IIL
A EUCHARIS
Deux fois, j'ai pressé votre sein ,
Et vous m'avez, deux fois, repoussé sans colère. Vous avez rougi du larcin :
Ne fait-on que rougir, lorsqu'il a pu déplaire? Ah! c'est assez : oui , je lis dans vos yeux, Et ma victoire et votre trouble extrême.
Mortel, à vos genoux, je suis égal aux dieux'.
Vous m'aimez, je le vois, autant que je vous aime ; Mais de vos bras laissez-moi m'arracher :
11 n'est pas temps de combler mon ivresse.
Unis trop tôt, nos cœurs, ô ma belle maîtresse,
De leurs liens encor pourraient se détacher.
Faites que mon amour dure autant que ma vie.
Laissez-moi par des soins acheter vos faveurs ;
N'écoutez ni soupirs, ni prières, ni pleurs; Combattez ma plus chère envie;
A mon désespoir même opposez des rigueurs.
Les longs hivers font les printemps durables ;
' IVU mi far es99 deo tndeiur, etc.
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Les noirs frimas épurent les beaux jours ; Et l'amant, asservi sous vos lois adorables, Doit espérer long-temps pour vous aimer toujours ^
I Tu quoque quœ nostros rapuisti nuyer ocellos ,
Sœpe tinte insidias , sœpe rogata nega...
Sic mihi durât amor.
OviOEjAm., II, 19.
G alla, nega. Sttiatur amor, nisi gaudia torquent.
Martial, iv, 4^*
Il serait facile et peu utile de recueillir plusieurs semblables passagesi, On peut consulter M. Jacobs sur les Analectes, t. x,p. 178; les Interprètes d'Aristénète, p. 404, etc. Il y a plus bas, dans TÉlégie vi, p. 23 , quelques vers qui prouvent qu'Eucharis avait profité de ravcrtissement.